Le don d’organes réalisé par des personnes vivantes représente seulement 15 % des prélèvements en France, un chiffre en deçà de l’objectif fixé par le Plan greffe (20%) initié par le ministère de la Santé. Afin de soutenir ce geste salutaire, une proposition de loi a été adoptée au Sénat début juin. Elle vise à lever les freins financiers au don d’organes, grâce notamment à l’exonération de participation forfaitaire et à la création d’un statut protecteur de « donneur vivant ».
La journée nationale du don d’organes a eu lieu ce lundi 22 juin en France. Ce fut l’occasion d’interpeller sur les difficultés rencontrées dans la réalisation de ce geste salutaire. En 2025, plus de 23.000 malades étaient en attente d’une greffe en Hexagone (foie ou reins), tandis que 960 personnes sont mortes dans l’attente d’une opération. Cette situation est due à la baisse du nombre de donneurs, notamment des donneurs vivants. Ceux-ci ne représentent aujourd’hui que 15,6 % des dons, un chiffre en deçà de l’objectif fixé par le plan greffe 2022-2026 du ministère de la Santé (20%).
Le don d’organes coûte cher aux donneurs
Si les donneurs vivants ne se bousculent pas aux portes des hôpitaux et centres hospitaliers universitaires (CHU), c’est en grande partie à cause des frais dont ils doivent s’acquitter. En effet, malgré le principe de neutralité financière inscrit dans la loi, un donneur compose parfois avec des avances de frais dissuasives et des délais de remboursement excessifs. Il est aussi confronté à un refus de prise en charge et à des délais de carence en cas d’arrêts de travail pour se préparer au prélèvement.
Une proposition de loi pour garantir la neutralité financière du don d’organes
Selon une étude de l’Agence de la biomédecine publiée en 2011, un donneur sur quatre subit un préjudice financier atteignant en moyenne 1 567 euros sur les seules pertes professionnelles. Une aberration pour quelqu’un qui veut sauver des vies et faire économiser l’Etat. De fait, les dyalisés coûtent cher, environ 80 000 euros par an de frais, contre 20 000 euros pour une personne greffée. Afin de lever ces obstacles au don d’organes, le Sénat a adopté une proposition de loi (PPL) le mardi 9 juin, visant à garantir la neutralité financière.
Création d’un statut protecteur de « donneur vivant »
Le texte prévoit d‘établir dans la loi une exonération de participation forfaitaire, de franchise médicale et de dépassements d’honoraires, ainsi que la fin des délais de carence relatifs aux arrêts maladie. Il crée également un statut protecteur de « donneur vivant », pour répondre à une demande des associations. En outre, la proposition de loi renforce la protection contre les discriminations assurantielles subies par les donneurs. Elle interdit aux assureurs de solliciter des informations portant sur la réalisation d’un don du vivant dans le cadre des questionnaires de santé qu’ils soumettent aux candidats.
Il est également important pour les Français d’informer leurs proches qu’ils sont donneurs
En votant cette proposition de loi, le Sénat souhaite faire du don d’organes une priorité de santé publique car des vies en dépendent. Outre ce texte, les parlementaires poussent aussi pour que les Français informent leurs familles et connaissances qu’ils sont donneurs après leur décès.
En France, seul une personne sur deux a informé ses proches de ce souhait, alors que 8 sur 10 d’entre eux y sont favorables. À l’occasion de la journée nationale du don d’organe ce lundi 22 juin, l’Agence de la biomédecine a fait passer ce message : « rappelez à vos proches que vous êtes donneur. Si on le disait tous, des milliers de vies seraient sauvées chaque année ».
