Les incendies déclenchés en Nouvelle-Aquitaine fin juillet dernier n’ont pas eu d’impacts sanitaires majeurs, indique Santé publique France (SpF) dans un bulletin publié début août. Selon l’organisme, il y a eu une hausse habituelle de la prise en charge des pathologies respiratoires cardiaques. Mais c’est plutôt du côté des pathologies respiratoires que les effets ont été plus visibles à cause de la fumée toxique.
En Nouvelle-Aquitaine, et plus particulièrement en Gironde, des mégafeux ont brûlé plus de 42 000 hectares en une semaine du 22 au 28 juillet. Ces incendies ont aussi provoqué l’évacuation de 220 000 personnes évacuées. Plus encore, ils ont généré d’énormes colonnes de fumées, qui contiennent notamment du monoxyde de carbone et des particules fines. Faute d’efficacité réelle du masque FFP2 contre ces substances toxiques, les autorités sanitaires ont appelé les habitants proches des zones touchées à rester confinés chez eux et à fermer portes, fenêtres et volets.
Les incendies ont eu des conséquences sanitaires
Au lendemain de ces évènements, le mercredi 29 juillet, Santé publique France (SpF) a publié un bulletin sur « l’impact sanitaire des feux de forêt en Gironde et dans les Landes ». L’organisme y indique que les incendies en Gironde ont eu des impacts sanitaires, mais que ceux-ci demeurent a priori limités. Il rapporte toutefois une hausse des prises en charges pour pathologies respiratoires, aussi bien en ville qu’à l’hôpital.
Ces conclusions sont tirées de plusieurs données des services d’urgence des hôpitaux proches des incendies (centre hospitalier d’Arcachon, clinique d’Arès, centres hospitaliers de Bordeaux Métropole pour la Gironde, centres hospitaliers de Dax et de Mont-de-Marsan pour les Landes) et de l’association SOS Médecins, complétées par celles du Samu.
Des fluctuations habituelles concernant les prises en charge pour toutes causes
SpF a mesuré l’évolution de l’activité de ces services, à la fois sur les prises en charge pour toutes causes et pour pathologies respiratoires. Pour ce qui concerne les prises en charge pour toutes causes, l’Agence sanitaire note une augmentation de l’activité entre les 20 et 26 juillet aussi bien pour les hôpitaux que pour SOS Médecins. Mais il s’agissait en fait de « fluctuations habituelles pour la période ». Idem pour le Samu : il y a bien eu une hausse du nombre de dossiers entre le 23 et le 26 juillet, mais finalement rien d’inhabituel. Au niveau des malaises et des pathologies cardiaques (décompensation cardiaque, ischémie myocardique), c’est également le même constat avec des niveaux restés usuels.
Une hausse notable des pathologies respiratoires
En revanche, le constat est différent pour les pathologies respiratoires. Celles-ci désignent des maladies comme l’asthme, la dyspnée ou l’insuffisance respiratoire aigüe, les bronchites aigües, la toux ou les voies respiratoires hautes, les ORL et les bronchites chroniques. Pour ces pathologies, les impacts sont un peu plus visibles. Entre le 24 et le 26 juillet, les associations SOS Médecins ont enregistré une forte progression de la part d’activité pour asthme par rapport au début de l’année, avec un pic à plus de 3% entre le 25 juillet. Quant aux prises en charge pour dyspnée et insuffisance respiratoire, elles ont surtout augmenté au sein des établissements de Bordeaux Métropole.
Les incendies ont aussi un impact sur la santé mentale
Toutes ces pathologies, expliquent SpF, sont dues à l’émission de fumées, qui rejettent d’importantes quantités de particules, dont les particules fines et les gaz (dioxyde de carbone, monoxyde de carbone, oxydes d’azote, dioxyde de soufre…). Ces particules fines, en particulier, peuvent être « particulièrement nuisibles pour la santé humaine car elles pénètrent profondément dans les voies respiratoires », souligne l’Agence sanitaire.
SpF note enfin une dégradation de la santé mentale. Elle rapporte « une tendance à la hausse de la part d’activité pour angoisse » à Bordeaux, avec des prises en charge qui ont représenté 3,5% de la part d’activité (contre 2,5% en 2025). Parmi les autres pathologies cités par le bulletin de santé, on trouve les troubles anxieux, états dépressifs, troubles de l’humeur, traumatismes, accidents vasculaires cérébraux, conjonctivites, brûlures et intoxications au monoxyde de carbone.
