Produits hyperprotéinés : les dessous d’un marché en plein essor

Surfant sur l’engouement des consommateurs pour la nutrition sportive et le développement musculaire, les produits hyperprotéinés se font une place de plus en plus importante dans les rayons des supermarchés. Mais derrière cet essor se cache une tromperie. En dépit de leurs mentions « High Protein » et « Protein+ », certains aliments sont loin d’être aussi sains qu’on le pense, comme le souligne l’association Foodwatch dans une nouvelle alerte.

« High protein », « Protein + » ou encore « 25 grammes de protéines »…Les produits hyperprotéinés s’affichent avec des étiquettes attrayantes en lettres capitales dans les rayons des supermarchés. Destinés avant tout aux sportifs et aux personnes souhaitant prendre de la masse musculaire, ces aliments se présentent comme bons pour la santé et intéressants à intégrer à notre régime quotidien. On trouve dans le lot des yaourts, céréales, barres chocolatées, boissons, pâtes, plates préparés et même des fromages, contenant 2 à 3 fois plus de protéines.

Les produits hyperprotéinés sont loin d’être tous bons pour notre santé

En achetant un produit protéiné, on croit acheter un aliment bon pour notre santé et nos capacités physiques. C’est du moins ce que nous font croire les emballages. Mais les produits hyperprotéinés sont loin d’être tous indispensables ou bons pour notre organisme. C’est qu’affirme l’ONG Foodwatch dans une enquête publiée le 22 septembre 2026. L’association a analysé dix références commercialisées par de grandes marques et enseignes. Et son constat est le suivant : ces aliments présentent plusieurs marqueurs d’ultra-transformation, notamment des protéines isolées, des amidons modifiés, des gommes ou encore différents additifs.

Les aliments ultratransformés associés à des maladies

« On a, par exemple, des carraghénanes qui sont associés à un risque de développer du diabète de type 2 ou, dans ces yaourts par exemple, des édulcorants comme l’acésulfame K, qui est aussi controversé pour la santé », indique Léa Redon, chargé des campagnes Foodwatch. Pour rappel, un aliment ultratransformé est un produit qui a subi d’importants procédés de transformation (chimique, physique, biologique) pour modifier sa texture, son goût et sa conservation.

Reconnaissables entre mille, les produits ultratransformés contiennent au moins un ingrédient que l’on ne peut pas trouver dans les placards de notre cuisine. Il s’agit notamment d’additifs, de conservateurs, d’arômes ou de sucres, comme le sirop de glucose-fructose. La consommation de ces aliments est associée à une augmentation de certaines maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires ou le diabète de type 2.

10 produits hyperprotéinés épinglés par Foodwatch

Foodwatch accuse les marques de masquer les réels ingrédients de leurs produits hyperprotéinés avec des emballages qui affichent autre chose. Selon l’ONG, les industriels jouent sur le raccourci protéine = bon pour la santé pour tromper les consommateurs. Elle appelle cela l’effet de halo. C’est un jugement global porté sur un produit, en le réduisant à une qualité (protéine), détournant ainsi l’attention de ses autres caractéristiques.

Parmi les 10 références épinglées par l’association figurent les barres Protein chocolat et cranberries de Nature Valley, la boisson Hipro de Danone, les produits Wasa Protein+, les boissons Lactel Protéines Chocolat et Starbucks Chocolate Mocha Protein, les céréales Lion Protein de Nestlé, ainsi que des produits Carrefour, Andros, Alpro et Marque Repère.

Une alimentation variée peut suffire à faire le plein de protéines

Pour contrer les allégations nutritionnelles, Foodwatch propose de mettre en place un étiquetage obligatoire de l’ultra-transformation des produits sur la face avant des emballages, en complément du Nutri-Score. Pour cet affichage, l’ONG suggère d’utiliser la classification NOVA. Retenue dans différentes études épidémiologiques, celle-ci se divise en quatre groupes : groupe 1 (aliments peu ou pas transformés), groupe 2 (ingrédients culinaires transformés), groupe 3 (aliments transformés) et groupe 4 (aliments ultra-transformés).

De leurs côtés, les professionnels de santé relèvent qu’on n’a pas forcément besoin des produits hyperprotéinés pour faire le plein de protéines. En effet, les besoins en protéines peuvent être couverts par une alimentation variée (œufs, poisson, viande, produits laitiers, légumineuses, céréales complètes, etc.). Si un apport supplémentaire peut être pertinent pour certaines personnes, notamment les sportifs et les seniors, les médecins rappellent qu’une consommation excessive n’est pas nécessairement bénéfique.