La journée de grève interprofessionnelle du 5 novembre 2026 a pris une nouvelle ampleur avec l’entrée collective des étudiants en médecine, des externes, des internes et de plusieurs organisations du secteur médical dans le mouvement social. Les professionnels de la santé tiennent à exprimer leurs inquiétudes, suscitées par la dégradation des conditions de travail, le manque de moyens dans les établissements de santé et l’insuffisance des rémunérations.
Pari gagné : la mobilisation interprofessionnelle du 5 novembre 2026 a tenu toutes ses promesses. Selon le ministère de l’Intérieur, la grève a réuni 575 000 personnes dans toute la France, dont 65 000 à Paris, tandis que la CGT a dénombré près d’1,6 millions de participants, dont 350 000 dans la capitale. Malgré la différence des chiffres entre autorités et syndicats (c’est la coutume lors des manifestations), cette journée fut une véritable réussite.
La grève du 5 novembre a vu l’entrée en matière du secteur médical
Initialement portée par des fonctionnaires et des élèves, la contestation s’étend désormais à différents métiers, dont ceux du secteur médical, confrontés à des difficultés persistantes de fonctionnement et de financement. À Nantes, les étudiants en médecine, des premières années jusqu’aux internes, ont participé pour la première fois collectivement à une manifestation depuis le début de l’automne. Jusqu’alors, la faculté de santé était restée à l’écart des mobilisations, notamment pour ne pas perturber les examens d’accès à l’internat et le choix des spécialités des étudiants de sixième année.
La protection maternelle et infantile (PMI) était à la grève du 5 novembre
Dans le secteur de la protection maternelle et infantile (PMI), le Syndicat national des médecins de PMI (SNMPMI) a également rejoint la grève. Il dénonce une réduction de près de moitié, en trente ans, des consultations de prévention et des visites à domicile auprès des jeunes enfants et des femmes enceintes.
Le syndicat pointe aussi une pénurie importante de médecins et des financements représentant seulement 0,15 % des dépenses de santé consacrées à l’ensemble de la PMI. Sept ans après un rapport parlementaire appelant à sauver ces services, il déplore l’absence de mesures concrètes pour redresser leur situation. Une mission sur leur modernisation a toutefois été confiée à la députée Joséphine Missoffe.
La CFE-CGC défend le pouvoir d’achat des salariés du privé et des agents publics
Dans le secteur de la petite enfance, le SNPPE réclame également des revalorisations salariales, des effectifs suffisants, de meilleures conditions d’accueil et une reconnaissance du travail des assistantes maternelles. Parallèlement, la CFE-CGC s’est associée au mouvement pour défendre le pouvoir d’achat des salariés du privé et des agents publics.
Le syndicat demande une revalorisation de l’ensemble des grilles salariales et l’ouverture de négociations dans les branches professionnelles et les entreprises. Il estime qu’une éventuelle hausse anticipée du Smic ne doit pas entraîner un tassement des rémunérations des agents de maîtrise, techniciens et cadres. L’organisation interpelle également le gouvernement sur le partage de la valeur et les allègements de cotisations accordés aux entreprises, tout en appelant les organisations patronales à assumer leurs responsabilités dans l’évolution des salaires.
Sébastien Lecornu convie le patronat et les syndicats à une « conférence sociale » ce lundi
Enfin, dans les hôpitaux publics parisiens, FO et la CGT ont mobilisé les personnels de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) contre les réductions budgétaires envisagées dans les projets de budget de l’État et de la Sécurité sociale. Les deux syndicats demandent le retrait de ces textes et souhaitent organiser des assemblées générales afin d’établir des cahiers de revendications dans chaque service, face à la dégradation des conditions de travail.
La mobilisation du 5 novembre a pris ainsi une nouvelle dimension avec la mobilisation des personnels de santé. Ce samedi 7 novembre, les manifestations se poursuivent pour maintenir la pression sur l’exécutif, de plus en plus en difficultés. Face à l’ampleur du mouvement et au risque d’une déflagration, Sébastien Lecornu a convié les syndicats et le patronat à une « conférence sociale » à Matignon, ce lundi 9 novembre, afin de trouver une issue définitive à cette situation.
