Surexposition au cadmium : Familles de France appelle à agir sans attendre pour protéger la santé des familles

La contamination au cadmium, un métal lourd toxique, est devenue un enjeu de santé publique majeur en France. Selon les données les plus récentes, près de la moitié des adultes et plus du tiers des enfants de moins de 3 ans présentent des niveaux critiques d’ingestion. Face à cette situation préoccupante, Familles de France appelle à prendre des mesures urgentes pour protéger la santé des familles.

Pointé du doigt par les autorités sanitaires depuis plusieurs mois, le cadmium est devenu un problème de santé publique de premier plan. Ce métal lourd très toxique pénètre dans l’agriculture et notre alimentation via l’épandage d’engrais phosphatés. On le retrouve ainsi dans de nombreux aliments comme le riz, les pommes de terre et le pain. Il infiltre également l’eau potable ainsi que l’air, à travers les particules fines, les poussières et les fumées industrielles ou domestiques.

Le cadmium peut nuire à la santé humaine à un certain niveau de contamination

Quand il s’accumule dans le corps, le cadmium peut augmenter les risques de cancers, de maladies cardiovasculaires et respiratoires, d’insuffisance rénale, de fragilité osseuse et d’infertilité. La dose hebdomadaire tolérable est fixée à 2,45 microgrammes/kilo (μg/kg) de poids corporel, soit 171,5 μg par semaine pour une personne de 70 kg. Mais des données de l’Anses révèlent que 47,6% de la population de 18 à 60 ans dépassaient ce seuil de concentration dans les urines entre 2014 et 2016. Pis, 36 % des enfants de moins de trois ans et 14,9 % des 3 à 17 ans affichaient des niveaux d’imprégnation critiques. Ces chiffres démontrent que la contamination intervient dès le bas âge et s’aggrave avec le temps.

Un appel à faire évoluer le modèle agricole français

Pour Familles de France, Fédération nationale des associations locales et régionales familiales, ces taux élevés sont la preuve flagrante que les mesures actuelles ne suffisent pas à protéger efficacement la population. L’organisation appelle donc à changer de stratégie. Dans une lettre adressée aux élus (députés et sénateurs), elle recommande une évolution rapide et profonde du modèle agricole français, passant notamment par l’adoption de pratiques plus respectueuses de la santé humaine et de la biodiversité. Cette transformation limiterait l’apport de polluants dans les sols et, par conséquent, dans la chaîne alimentaire. Dans l’immédiat, la fédération exige une réduction drastique de la présence de cadmium, principalement dans les engrais agricoles, conformément aux recommandations de l’Anses. Elle prône également un accès élargi au dépistage, sans critères restrictifs.

Le cadmium soulève des questions sociétales majeures

Familles de France note en outre que le cadmium soulève des questions sociétales profondes. Selon l’association, notre société pourrait être confrontée à une augmentation des pathologies graves (cancers, troubles rénaux, fragilité osseuse) liées à une exposition chronique. Cette situation pèserait lourdement sur les projets familiaux et le désir d’enfant des jeunes générations, inquiètes pour leur santé et celle de leurs progénitures. Face à cette perspective inquiétante, la fédération invite les élus « à prendre connaissance de [son] communiqué de presse : Surexposition au cadmium – La sante des enfants ne peut pas attendre 2038 » et à « agir sans attendre 2027 ou 2028 pour protéger durablement la santé des familles ».