Dimanche, l’UE a annoncé 100 tonnes de matériel d’urgence dans l’est de la RDC, une région en proie à une épidémie d’Ebola et difficile d’accès. Cette aide s’ajoute à plusieurs autres plans de soutien, venant notamment de l’OMS, des Etats-Unis et de la Chine. Cette solidarité internationale inclut aussi la recherche d’un vaccin.
L’Union européenne (UE) a annoncé dimanche la mise en place d’un pont aérien humanitaire permettant d’acheminer 100 tonnes de matériel d’urgence dans l’est de la RDC, une région touchée par une nouvelle épidémie d’Ebola et difficile d’accès. Ce matériel comprend des médicaments, tentes et équipements de protection. À Bunia, capitale de l’Ituri et hub logistique de la riposte sanitaire dans la province, la Commissaire européenne à la gestion des crises, Hadja Lahbib, a appelé à « garantir un accès sûr et sans entrave aux acteurs humanitaires et aux personnels de santé, afin qu’ils puissent atteindre toutes les personnes qui ont besoin d’assistance ».
L’UE prévoit une aide supplémentaire de 5 millions d’euros
Mme Hadja Lahbib a également annoncé une aide supplémentaire de 5 millions d’euros pour soutenir le déploiement de centres de diagnostics dans les zones touchées. Ce soutien financier s’ajoute aux 15 millions déjà décaissés par l’UE. Lors de son déplacement dans l’Ituri, la Commissaire européenne a en outre visité le centre de traitement d’Ebola installé près du CME de Nyakunde. Depuis le 15 mai, la République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une épidémie de fièvre hémorragique provoquée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. Pour le moment, la riposte contre la maladie repose uniquement sur les mesures barrières et la détection rapide des cas.
Plus de 82 décès causés par Ebola dans l’est de la RDC
Selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a déclenché une alerte sanitaire internationale, 452 cas d’Ebola ont été confirmés en RDC à ce jour, dont 82 décès. L’épidémie sévit aussi en Ouganda, mais dans une moindre proportion (15 cas et un décès ont été signalés). Alors que les cas confirmés pourraient encore augmenter dans les prochaines semaines, la mobilisation se poursuit. Les Etats-Unis ont annoncé 80 millions de dollars supplémentaires pour aider à endiguer l’épidémie, portant ainsi l’aide américaine totale à quelque 112 millions de dollars depuis le début de la flambée.
La Chine et l’OMS aux côtés de la RDC
De leurs côtés, l’OMS et le CDC africain (Centre de contrôle et de prévention des maladies africain, ndlr) ont lancé vendredi un plan de 518 millions de dollars pour combattre l’épidémie au cours des six prochains mois. Les deux organisations comptent mettre l’accent sur le renforcement de la surveillance, des tests de laboratoire et de la prévention des infections. Quant à la Chine, elle a envoyé au Congo des experts en épidémiologie, traitement clinique, recherche scientifique et médecine traditionnelle chinoise. Pékin a également déclaré qu’il se coordonnerait avec l’Union africaine (UA) et le CDC Afrique pour renforcer les capacités de réponse aux maladies dans les pays touchés, notamment en Ouganda.
Des chercheurs russes promettent un vaccin contre Ebola
Pour ce qui concerne les traitements, le CDC africain a promis qu’un vaccin contre la souche Bundibugyo pourrait être disponible d’ici la fin de l’année 2026. Son directeur, Jean Kaseya, a déclaré que l’agence a « des candidats prometteurs. ». L’optimisme de Jean Kaseya repose en fait sur un message envoyé fin mai par le ministère de la Santé russe, qui assure que Moscou avait déjà développé un vaccin contre Ebola. Un responsable russe aurait précisé que ce sérum ciblait la souche Zaïre du virus. Il reste donc à établir s’il peut être efficace contre la souche Bundibugyo. Des discussions sont en cours avec les chercheurs russes.
