L’Agence du médicament a alerté, dans une note publiée la semaine dernière, contre sur les dangers des peptides vendus en ligne. L’organisme rappelle que les bienfaits de ces molécules n’ont jamais été prouvés et que ces produits ne sont pas autorisés. Aussi, il prévient des conséquences sur la santé, notamment la nausée, les vomissements, la diarrhée et les douleurs au ventre.
Le jeudi 2 juillet, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a émis une alerte sur les dangers des peptides vendus en ligne. Accessibles en quelques clics sur les réseaux sociaux, ces produits sont vantés par des influenceurs ou des coachs sportifs comme pouvant booster les performances sportives ou ralentir le vieillissement. Mais l’ANSM dénonce de fausses promesses et des risques pour la santé.
Des molécules naturellement présentes dans l’organisme, mais aussi produites en laboratoire
Naturellement présents dans l’organisme, les peptides sont de petites chaînes d’acides aminés, ou « briques », servant à fabriquer les protéines de notre corps. Agissant comme de minuscules messagers, ils envoient des signaux aux cellules pour leur indiquer comment réagir, par exemple, pour réguler les défenses immunitaires face à une infection. Ils peuvent aussi être fabriqués en laboratoire. La médecine les utilise depuis plus d’un siècle dans la composition de nombreux médicaments, comme les anti-obésité de type GLP-1 et l’insuline, dans le traitement du diabète.
Les peptides présentés comme des traitements anti-âges ou des boosts pour la santé
Depuis quelques années, certains produits dits « peptides » sont proposés sur internet, sur les réseaux sociaux ou via des circuits informels. Le plus souvent vendus sous forme de crèmes, d’injections ou de compléments alimentaires, ils sont présentés comme des traitements anti-âges ou comme des boosts pour la santé. Ils seraient notamment capables de gommer une ride, de dessiner des abdos, de soigner une tendinite ou même de prolonger l’espérance de vie. Parmi les peptides les plus proposés sur Internet, on trouve par exemple le rétatrutide, la créatine, le BP180, le TB500, le NAD+ et le GH.
Aucun essai clinique de grande ampleur n’a validé les effets accordés aux peptides
L’ANSM note que les peptides ne sont ni un remède miracle contre tous les maux, ni un élixir de jeunesse. À ce jour, dit-elle, aucun essai clinique de grande ampleur, randomisé et contrôlé, mené chez l’humain, n’a confirmé les effets qu’on leur accorde. Pis, certains peptides vendus en ligne présentent des risques bien réels pour la santé. Ces produits parfois interdits peuvent provoquer par exemple des nausées, des vomissements, des diarrhées, des douleurs au ventre, une perte d’appétit importante, une sensation de vertiges, une atteinte du foie (détectable dans les analyses de sang) ou encore une réaction allergique sévère.
Des décisions fortes prévues dans les prochaines semaines
L’ANSM annonce avoir lancé des investigations, en lien avec les autres autorités compétentes, après les signalements qui lui ont été remontés. L’agence promet de prendre les mesures nécessaires, le cas échéant, pour les produits relevant de sa compétence. Pour l’heure, elle en reste au stade de l’alerte et n’a pas prévu de faire fermer les sites vendant ces molécules frauduleuses. Mais peut-être plus pour longtemps. « On doit respecter un certain cadre juridique et légal mais il est fort probable que l’on prenne des décisions plus fortes dans les prochaines semaines », a prévenu Alexandre de la Volpilière, directeur adjoint de l’ANSM.
