Le ministère de la Santé a annoncé l’ouverture de 10 260 postes d’internes en médecine pour la promotion 2026, soit une hausse de 15 % par rapport à l’année dernière. Stéphanie Rist salue une « progression historique » appuyée sur des efforts sur des spécialités en tension comme la dermatologie, la gériatrie ou la pédiatrie. Elle y voit aussi la volonté du gouvernement de former davantage de médecins pour mieux répondre aux besoins de santé des Français.
La ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, a annoncé l’ouverture de 10 260 postes d’internes en médecine pour la promotion 2026, contre 8 919 en 2025. Ce qui correspond à 1 341 postes supplémentaires et une hausse de 15 % en un an. Selon la ministre, cette progression historique constitue « l’un des premiers effets concrets de la suppression du numerus clausus, décidée en 2019 » dans le but de « former davantage de médecins ».
Qu’est-ce qu’un interne en médecine ?
Pour rappel, les internes sont des étudiants de troisième cycle (à partir de la septième année) qui exercent à plein temps à l’hôpital ou en ville sous la responsabilité d’un médecin senior. Ils peuvent examiner les malades et participer aux visites, rédiger les prescriptions et les dossiers médicaux ou encore assurer les services de garde et les urgences. Pour accéder à l’internat, il faut réussir la fin du deuxième cycle (l’externat) et passer un concours en sixième année (épreuves EDN et ECOS), afin de choisir sa future spécialité et la ville dans laquelle on veut la pratiquer. En France, les internes représentent jusqu’à 40 % de l’effectif médical hospitalier.
La médecine générale représente 40% des postes d’internes
Pour la promotion 2026, la médecine générale détient encore le record de postes, avec 4 070 postes prévus (+ 13,3 %), soit 40 % du total. Stéphanie Rist explique cette part importante par la priorité donnée au renforcement de l’offre de soins de premier recours et par l’installation des futurs médecins généralistes traitants partout sur le territoire. Pratiquement toutes les autres spécialités voient aussi leurs effectifs progresser, en particulier les « plus confrontées aux tensions démographiques ou aux grands enjeux de santé publique » note la ministre de la Santé.
Priorités aux territoires confrontés à des difficultés d’accès aux soins
Parmi elles figurent la dermatologie (130 postes, + 25 %), la pédiatrie (468 postes, + 20,3 %), la gynécologie-obstétrique (275 postes, + 20,1 %), la médecine d’urgence (545 postes, + 19,8 %), la gériatrie (212 postes, + 19,8 %), la médecine cardiovasculaire (232 postes, + 19,6 %) et la psychiatrie (665 postes, + 18,1 %). Au niveau géographique, la hausse des postes d’internes est plus forte dans le Centre-Val de Loire (+18% par rapport à 2025), la Nouvelle-Aquitaine (+15,7%) et les Hauts-de-France (+14,7%). Cette répartition vise à mettre l’accent sur des territoires confrontés à des difficultés d’accès aux soins.
Une réforme introduite en 2024 avait provoqué la diminution des postes d’internes
« Pendant trop longtemps, notre pays n’a pas formé suffisamment de médecins. Les conséquences, nous les connaissons tous : des difficultés d’accès aux soins et des territoires durablement fragilisés. Nous faisons depuis 2017 le choix inverse », a conclu Stéphanie Rist. Si la ministre évoque des efforts depuis le premier mandat d’Emmanuel Macron, une réforme entrée en vigueur 2024 avait introduit pour la première fois une note éliminatoire à l’épreuve écrite ainsi qu’une épreuve orale. Elle avait provoqué la diminution des internes (seulement 8 500 internes avaient alors intégré l’hôpital, contre 9 500 habituellement) et avait alourdi la charge de travail.
