L’Institut national de santé publique (INSP) de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé lundi la fin de l’épidémie d’Ebola dans la province du Sud-Kivu, après 73 jours sans nouveau cas confirmé. Il faut normalement 42 jours sans nouveau cas recensé pour déclarer la fin de la maladie. Un temps largement dépassé. Si le virus est désormais inactif, l’OMS appelle toutefois à rester vigilant, plusieurs autres régions étant toujours touchées, dont l’Ituri.
La province du Sud-Kivu est débarrassée de l’épidémie d’Ebola après plus de 73 jours sans nouveau cas confirmé. C’est l’annonce faite lundi 10 août par l’Institut national de santé publique (INSP) et le ministère de la Santé de la RDC. Les deux derniers patients pris en charge au Centre de traitement Ebola (CTE) de Lwiro avaient déjà été déclarés guéris et avaient quitté la structure sanitaire le 19 juin 2026. Selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), c’est à partir de 42 jours sans nouveau cas recensé que le virus est jugé « inactif ». Ce délai est largement dépassé.
L’épidémie d’Ebola inactive au Sud-Kivu, mais pas éradiquée en RDC
Déclarée officiellement le 21 mai 2026 dans la zone de santé de Miti-Murhesa, la nouvelle épidémie d’Ebola est liée à la souche rare Bundibugyo, qui ne fait l’objet d’aucun vaccin ni traitement approuvé. Cette nouvelle flambée a nécessité une forte mobilisation sanitaire de la part de la communauté internationale, l’OMS en tête. La détection, la prise en charge rapide et la distribution de produits d’hygiène ont permis de stopper la propagation du virus dans le Sud-Kivu. Mais l’OMS prévient que la maladie n’est pas pour autant éradiquée.
Ebola continue de sévir dans quatre autres provinces
En effet, l’épidémie d’Ebola continue de sévir dans d’autres provinces de la RDC, notamment l’Ituri, l’épicentre de la maladie, le Nord-Kivu et le Haut-Uélé. Les équipes de riposte poursuivent la lutte dans les zones concernées pour identifier les cas avérés et les prendre rapidement en charge. Au total, le virus a touché cinq provinces du Congo Kinshasa.
Au 10 août 2026, 4 449 personnes avaient été diagnostiquées positives au Bundibugyo (85% en Ituri), dont 886 guérisons et 2 061 décès. Cette 17e épidémie est déjà la deuxième plus importante de l’histoire du continent africain, derrière celle qui a touché l’Afrique de l’Ouest (Guinée, Liberia et Sierra Leone) entre 2014 et 2016 et fait près de 29 000 cas et plus de 11 000 décès.
Continuer la mobilisation autour des autorités congolaises et des communautés locales
L’OMS a confirmé que des essais cliniques sur le virus Bundibugyo avait bien débuté en Ituri afin d’évaluer de nouvelles options thérapeutiques. Face l’évolution de la situation, elle appelle à continuer la mobilisation autour des autorités congolaises et des communautés locales. « Nous courons après le virus, mais celui-ci a une longueur d’avance sur nous », a déclaré le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Janabi, soulignant l’urgence d’une action collective pour enrayer définitivement la transmission.
Julien Harneis, coordinateur pour l’ONU de l’épidémie d’Ebola en Afrique centrale, exhorte également à nous engager tous « dans la riposte, aux côtés des communautés – travailleurs humanitaires, organisations, gouvernements, donateurs, aux côtés des populations – pour sauver des vies et mettre fin à Ebola ».
