Présidentielle 2027 : le Medef dévoile sa vision pour le financement de la santé et de la protection sociale

Le président du Medef, Patrick Martin, a présenté lundi un document intitulé « Cartes sur table », qui expose les positions économiques de la première organisation patronale. Celle-ci y expose notamment sa vision pour le financement de la santé et de la protection sociale. Elle propose de profondes réformes structurelles pour garantir la pérennité du système, si bien sûr le prochain locataire de l’Elysée consente à les mettre en œuvre.

À quelques mois de la présidentielle de 2027, Patrick Martin, président du Medef, a présenté lundi 22 juin à Paris un document intitulé « Cartes sur table », qui expose les positions économiques de la première organisation patronale en France. Cet ensemble de 47 fiches thématiques ambitionne de « remettre de la rationalité dans des débats qui en manquent cruellement, resituer la France et l’Europe dans un environnement international bien plus large et promouvoir la contribution majeure des entreprises à la prospérité économique et sociale ».

La France régresse par rapport à la Chine et aux Etats-Unis

Dans « Cartes sur tables », le Medef dresse un constat sévère de la France, qui a perdu son poids économique et son influence face aux Etats-Unis et à la Chine. Ces deux puissances économiques mènent la danse au niveau du commerce, de l’industrie, du travail et des nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle. Elles s’encombrent peu des réglementations. Ce qui n’est pas le cas de notre pays et de l’Europe dans son ensemble. Pour redonner sa vigueur à l’Hexagone, le Medef propose des « réformes en profondeur ».

Le Medef pense que les entreprises sont trop mises à contribution pour maintenir le système de santé

Le Medef s’attaque d’abord aux dépenses dans la santé. Avec 11,5 % du PIB contre 10,4 % en moyenne dans l’UE, la France est le 2e pays d’Europe qui dépense le plus pour ce secteur. Pourtant, la qualité des soins n’est pas meilleure qu’ailleurs sur le vieux continent. Cette situation interroge sur l’efficience du système. Pour Patrick Martin, elle n’est pas normale, d’autant que les entreprises financent une part plus importante que dans la plupart des pays développés. Il pointe les cotisations employeurs et les complémentaires obligatoires, qui pèsent sur la compétitivité et le coût du travail.

Baisser les charges de 20 milliards d’euros en net pour les entreprises afin de stimuler leur compétitivité et créer de l’emploi

Dans sa réforme du financement de la protection sociale (retraite, chômage, Assurance Maladie…), le Medef propose une baisse des charges de 20 milliards d’euros en net pour les entreprises afin de stimuler leur compétitivité et créer de l’emploi. Côtés salariés, il recommande une réduction de 10 milliards d’euros de leurs cotisations vieillesse (intégralement reprises par les employeurs) qui se traduirait par un gain de 300 euros nets par an pour un travailleur payé au SMIC. Patrick Martin préconise de toucher au patrimoine des retraités riches pour compenser ces baisses, notamment en alignant leur taux de CSG sur celui des actifs.

Avec « Cartes sur table », le Medef veut remettre l’économie au centre du jeu

Pour atteindre l’efficience, le Medef qu’il faut mettre l’accent sur une rationalisation des dépenses publiques, au lieu d’augmenter les cotisations. Il pointe les fragilités financières chroniques du système de santé malgré des recettes en hausse. En outre, l’organisation patronale propose de revoir la répartition des coûts en transférant une partie des dépenses de santé de la Sécurité sociale vers les organismes complémentaires, afin de déséquilibrer moins lourdement les comptes publics.

En quête d’économies chiffrées, le Medef propose par ailleurs de développer la prévention, d’améliorer la coordination des soins et de responsabiliser l’ensemble des acteurs. Son patron précise que sa démarche « Cartes sur table » s’inscrit dans un projet plus large visant à remettre l’économie au centre du jeu.