Selon un baromètre de la CFDT, près d’un quart des agents de la fonction publique envisage de quitter leur poste, malgré un fort attachement à ce secteur. Ils déplorent principalement des rémunérations trop faibles par rapport au privé (53 % des répondants), des conditions de travail dégradées (44 %) et un manque de moyens matériels (67%), en particulier dans la fonction publique hospitalière (FPH). Plus que désabusés, 44% disent qu’ils n’encourageraient pas leurs proches à suivre la même carrière.
La Confédération française démocratique du travail (CFDT), première organisation syndicale de travailleurs et de travailleuses, a publié à la veille du 1er mai 2026 son deuxième baromètre du travail de la fonction publique. Réalisé en janvier par le cabinet Vérian auprès de 1.000 agents (fonctionnaires et contractuels) représentatifs des trois versants de la fonction publique, ce sondage dresse un portrait assez terne de ce secteur.
Les fonctionnaires gagnés par l’inquiétude et la lassitude
D’après le baromètre CFDT, 44% des agents ayant répondu se disent inquiets, 36% gagnés par la lassitude et 32 % rencontrent des difficultés. Beaucoup ont même perdu espoir, en tête les agents de l’Etat (25% seulement ont un esprit positif), suivis des agents des hôpitaux (28%) et des agents territoriaux (34%). Le mal-être au travail se caractérise entre autres par la montée de la violence verbale (subie par 35 % des répondants et 50 % parmi les enseignants) ou physique (20 %, et même 29 % dans la fonction publique hospitalière ou FPH). Aussi, 49 % des fonctionnaires se déclarent souvent stressés au travail et 53 % disent ne pas se sentir reconnus.
Le secteur privé plus attractif que la fonction publique au niveau des rémunérations
En outre, les sondés confient que leur vie professionnelle impacte leur vie personnelle : 23% des répondants disent rencontrer des difficultés à articuler les deux. Cette incapacité est plus forte chez les agents de la FPH (29%) et particulièrement chez ceux de catégorie B (32,4 %). Au-delà des conditions de travail, les agents publics montrent une insatisfaction concernant leurs rémunérations. En effet, 67% d’entre eux estiment que le secteur privé est mieux loti sur ce point. Toutefois, au niveau des perspectives de carrière, la majorité préfère le public, surtout les professionnels de la santé. Parmi ces derniers, seuls 38 % considèrent que le privé offre des perspectives plus intéressantes (contre 50 % tous agents confondus). Ils jugent également le public plus avantageux quand il s’agit de temps de travail.
Près d’un quart des agents publics veulent partir
Mais les agents publics dénoncent une montée du « fonctionnaire-bashing » depuis quelques années. Selon eux, les discours politiques et médiatiques dévalorisent leur métier (70%, un taux qui atteint 88 % parmi les enseignants) et tendent à les présenter comme désormais dépassés. Face à ce tableau noir, près d’un quart des agents publics (24%) déclarent envisager de quitter leur poste dans les prochaines années, principalement pour des raisons salariales (53%), des conditions de travail dégradées (44%) et un manque de reconnaissance (33 %). Pour la FPH, s’y ajoute un manque de moyens matériels (à 67%) plus criant. Dans ce contexte, 40 % disent qu’ils « n’encourageraient pas leurs proches à rejoindre la fonction publique ».
Ce qu’il faut faire pour rendre la fonction publique de nouveau attractive
En dépit de leurs opinions négatives, les agents publics restent très attachés à leur travail. Ils se sentent « utiles à la société » (86 %) et se disent « fiers de travailler dans leur administration » (70 %). Aussi, 74% trouvent du sens dans leur travail et 66% s’y sentent bien. C’est pourquoi, ils attendent des changements pour améliorer leur situation. Les fonctionnaires souhaitent une meilleure reconnaissance de leur hiérarchie et de meilleures conditions de travail (40%). Ils réclament surtout un meilleur salaire à la hauteur des missions (pour 80% d’entre eux) et davantage de possibilité d’avancement (pour 70%). C’est ainsi, estiment les agents, que les politiques pourront de nouveau rendre attractive la fonction publique.
