L’OMS a annoncé dimanche une épidémie d’hantavirus à bord d’un navire de croisière néerlandais, actuellement au mouillage au large du Cap-Vert, dans l’Atlantique. Trois personnes sont déjà décédées et plusieurs autres tombées malades. Si certains craignent une contamination similaire à celle du Covid-19, l’organisation onusienne rassure que le risque d’une épidémie mondiale reste très faible. Toutefois, il n’existe pas à ce jour un vaccin contre ce virus transmis par les rongeurs.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, le dimanche 3 mai, que trois personnes sont mortes et plusieurs autres tombées malades à la suite d’une épidémie d’hantavirus déclarée à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius. Actuellement au mouillage au large du Cap-Vert, dans l’Atlantique, ce bateau était parti d’Ushuaia (Argentine) il y a environ trois semaines pour une croisière comprenant des escales en Antarctique et aux îles Falkland. Environ 150 passagers se trouvaient à bord, ainsi qu’une soixantaine de membres d’équipage.
La souche des Andes de l’hantavirus identifié chez deux personnes
Après que l’OMS a soupçonné une « transmission interhumaine » mardi, les autorités sanitaires sud-africaines et suisses ont indiqué mercredi que deux personnes – une hospitalisée à Johannesburg et l’autre à Zurich – ont été testées positives à la souche des Andes. Fortement présente au Chili et en Argentine, cette variante est la seule transmissible entre êtres humains sur les 38 souches connues. Des recherches sont en cours pour identifier d’éventuels cas contacts avec les personnes infectées, alors que des médecins hollandais sont envoyés à bord pour gérer la situation.
Pas de risque pour la santé publique mondiale
Face aux inquiétudes grandissantes parmi la population, l’OMS a précisé que le risque pour la santé publique globale « demeure faible » et qu’il n’y a pas lieu de craindre une épidémie. « Il ne s’agit pas d’un virus qui se propage comme la grippe ou le Covid-19 », a rassuré Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’organisation. Ce qui n’empêche pas des Espagnols de se méfier du navire, qui va accoster sur l’un de leurs territoires ce weekend. Toujours immobilisé au large du Cap-Vert, le MV Hondius a demandé et obtenu l’autorisation de faire escale à Tenerife, dans les îles Canaries, archipel espagnol au large du Maroc.
L’hantavirus se transmet principalement via un contact avec les rongeurs
Pour rappel, les hantavirus désignent un groupe de virus portés par des rongeurs, comme les rats et les souris. Ils se transmettent à l’humain via un contact avec ces animaux ou l’inhalation de particules provenant de leurs déjections et urine. La contamination entre personnes est extrêmement rare, sauf dans des cas liés à la souche des Andes. S’il existe une trentaine de souches, il n’y a que deux formes cliniques de maladies liées aux hantavirus. D’une part les fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR), présentes en Europe et Asie. Leur létalité varie de 0 à 10 % selon les individus. D’autre part le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), sévissant en Amérique et qui affiche une mortalité entre 30 et 60 %.
Il n’existe véritablement pas de vaccin à ce jour
Les FHSR et le SPH se caractérisent par des symptômes ressemblant à ceux de la grippe (fièvre, toux, céphalées, fatigue, courbature…). Mais la première forme peut évoluer vers une insuffisance rénale, tandis que l’autre peut se transformer en une insuffisance respiratoire aiguë. Dans les deux cas, le diagnostic repose sur un test sérologique. Côté traitement, il n’existe pas à ce jour de vaccin véritable, en raison de la grande diversité des souches virales et des difficultés techniques à créer une protection croisée efficace contre les différentes formes de la maladie. Actuellement, la prise en charge consiste uniquement à soulager les symptômes, avec par exemple la prise de paracétamol en cas de fièvre et de fatigue.
Des pistes innovantes pour produire un vaccin universel contre l’hantavirus
À vrai dire, des vaccins ont été produits en Chine et en Corée du Sud, où le virus a été découvert dans les années 1970. Le plus connu, l’Hantavax, est inactivé et cible principalement les souches Hantaan et Séoul. Mais son efficacité reste débattue. D’ailleurs, si ce traitement fonctionne vraiment en Asie, il ne protège pas contre les variantes européennes ou américaines.
Pour résoudre le problème, plusieurs pistes sont à l’étude. Certains chercheurs se tournent vers la technologie ARNm, employée dans les vaccins contre le Covid-19. D’autres envisagent la conception de vaccins bivalents (capables de protéger contre plusieurs souches simultanément) ou l’utilisation de plasma immun (contenant des anticorps de patients guéris) comme traitement alternatif. Plusieurs essais sont en cours.
