Médecins universitaires : la rémunération des astreintes va augmenter

La ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé vendredi que le gouvernement allait augmenter les astreintes des médecins universitaires. Celles-ci vont passer de 280 euros jusqu’à 500 euros. Le montant exact de la majoration sera déterminé par les directeurs généraux de CHU, en fonction de la fréquence et de la durée des déplacements au chevet d’un patient pendant ces périodes. C’est une revalorisation bienvenue car les personnels hospitalo-universitaires se sentaient lésés et oubliés dans la récente réforme.

Vendredi 10 avril 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé, lors d’un déplacement au centre hospitalier universitaire (CHU) d’Orléans, que la rémunération des astreintes de nuit et de week-end des médecins hospitaliers à statut universitaire va augmenter. Initialement fixé à 280 euros, le plafond d’indemnisation sera porté jusqu’à 500 euros. Objectif : « mieux valoriser les astreintes les plus contraintes et les plus sollicitées », a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué.

Les médecins universitaires se sentaient « lésés » et « oubliés » 

Stéphanie Rist précise que le montant exact de la majoration « sera déterminé par les directeurs généraux de CHU (…) en fonction de la fréquence et de la durée des déplacements » au chevet d’un patient « pendant les astreintes ». La ministre évalue le coût de cette revalorisation à 18,4 millions d’euros en année pleine. Aussi, elle indique qu’« un arrêté actualisé et une instruction ministérielle seront prochainement diffusés » pour permettre la mise en œuvre de ces mesures. Présentées en présence de plusieurs praticiens du CHU d’Orléans, celles-ci étaient attendues par « les hospitalo-universitaires », « lésés » et « oubliés » dans la récente réforme de revalorisation des astreintes, ajoute la médecin rhumatologue et députée de la 1ʳᵉ circonscription du Loiret.

Une « avancée » pour les praticiens concernés

« Les mesures annoncées aujourd’hui permettent de mieux reconnaître l’engagement des personnels hospitalo-universitaires, notamment dans les situations les plus exigeantes, comme les activités de prélèvement et de transplantation d’organes ou certaines interventions urgentes », complète le ministère de la Santé dans un communiqué.

Cette décision du gouvernement d’augmenter les astreintes des médecins hospitalo-universitaires est évidemment bien accueillie par les professionnels. Le professeur Guillaume Captier, chirurgien et président du syndicat des hospitalo-universitaires (SHU), a salué auprès de l’AFP une « avancée » pour les praticiens concernés, qui s’estimaient désavantagés par rapport à leurs collègues hospitaliers.

La réforme de 2025 n’a pas pleinement intégré la situation spécifique des médecins universitaires

Pour rappel, les astreintes sont les périodes où les médecins ne sont pas à l’hôpital mais doivent pouvoir être joignables à tout moment et pouvoir venir au chevet d’un patient si nécessaire. En novembre 2025, une réforme des astreintes hospitalières a permis de généraliser le système des forfaits et de revaloriser ces derniers dans une fourchette comprise entre 70 et 280 euros.

Toutefois, cette reforme n’avait pas pleinement intégré la situation spécifique des personnels hospitalo-universitaires, qui ont des missions d’enseignement et de recherche en plus du soin. Ceux-ci n’avaient pu avoir droit à une amélioration aussi nette que celle de leurs collègues hospitaliers, compte tenu de leur statut mixte entre fonction publique et fonction publique hospitalière.