RDC : l’épidémie de choléra au Sud-Kivu presque maîtrisée

Après huit semaines d’intervention d’urgence à Sangé, dans l’est de la RDC, MSF annonce que l’épidémie de choléra est quasiment sous contrôle, avec une baisse de 90% du nombre de cas. Cette épidémie est causée par le dysfonctionnement des points de captage d’eau et par la fragilité du système de santé de la zone, accentuée par les mouvements massifs de populations qui fuient les affrontements entre forces loyalistes et rebelles.

À Sangé, dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), une épidémie de choléra sévit depuis plus de huit mois. Dans cette ville, l’eau potable du robinet ne coule plus dans les foyers depuis un bon moment. Cette situation est due au dysfonctionnement de deux principaux points de captage d’eau devenus inaccessibles à cause de la guerre dans le pays. En effet, la présence de groupes armés rend impossible l’accès aux points de captage d’eau, dont le système de filtrage est désormais obstrué par le sable et la terre. De ce fait, les habitants sont contraints de boire l’eau impropre de la rivière ou l’eau du canal d’irrigation, qui n’est pas traitée.

Le choléra peut être mortel en l’absence de traitement

Pour rappel, le choléra est une infection contagieuse, due à une bactérie présente dans les eaux impropres à la consommation ou stagnantes. Elle peut s’avérer mortelle si elle n’est pas traitée. Le choléra provoque des diarrhées sévères, contraignant les malades à faire des allers-retours fréquents aux toilettes. À Sangé, des centaines de personnes ont été infectées par la bactérie, dont de nombreux enfants en bas âge, plus fragiles. Cette épidémie a été aggravée par les déplacements massifs de populations qui fuient les affrontements opposant l’armée congolaise (FARDC) et ses alliés Wazalendo à la coalition rebelle AFC/M23, soutenue par le Rwanda voisin.

1 200 cas suspects et 28 décès enregistrés

Ces mouvements constants de populations favorisent la propagation du choléra, car les gens sont obligés de vivre dans des conditions de promiscuité, parfois d’insalubrité, dans des familles d’accueil, où l’accès à l’eau potable fait défaut. Selon les services de l’ONU, plus de 330 000 personnes ont été récemment déplacées dans le Sud-Kivu à cause des combats entre forces loyalistes et rebelles. Au moins 1 200 cas suspects auraient été recensés, avec au moins 28 décès enregistrés. Plusieurs ONG internationales apportent leur soutien pour résoudre la crise humanitaire, dont MSF.

L’épidémie de choléra la plus sévère du Sud-Kivu depuis cinq

MSF appuie notamment le centre de traitement de choléra de l’hôpital général de Sangé et le Centre de santé de Ndunda, en périphérie de la ville. Aussi, l’organisation a mis en place plus de 50 points de chloration de l’eau dans la région. De plus, elle collabore avec les communautés locales pour le nettoyage des points de captage de l’eau. Après huit semaines d’intervention de son équipe d’urgence, MSF constate une baisse de 90% du nombre de cas de choléra, avec plus de 800 personnes prises en charge. L’épidémie est donc désormais pratiquement maîtrisée. C’est la plus sévère du Sud-Kivu depuis cinq.