La mort inexpliquée d’une technicienne de laboratoire à Irkoutsk, en Sibérie, suscite des inquiétudes autour d’un possible cas de peste pulmonaire en Russie, sans qu’aucune infection n’ait toutefois été confirmée. Si Moscou assure qu’il n’existe aucun risque épidémique, l’OMS, l’UE et les États-Unis réclament davantage d’informations sur les circonstances du décès de la jeune femme et les mesures sanitaires prises. Mais la transparence n’est pas la qualité première des autorités russes depuis l’ère soviétique.
Une épidémie de peste guette-elle le monde ? Depuis la mort inexpliquée d’une technicienne de laboratoire à Irkoutsk, en Sibérie (Russie), des inquiétudes émergent partout au monde, en particulier en Europe et aux États-Unis. Officiellement décédée après une pneumonie sévère, la jeune femme travaillait dans un institut spécialisé dans l’étude d’agents pathogènes dangereux.
Les autorités russes assurent qu’aucun cas de peste n’a été détecté
Face à l’inquiétude de la communauté internationale, la Russie a assuré qu’aucun cas de peste n’a été détecté et que les analyses effectuées ne révèlent aucun agent pathogène dangereux. Les autorités sanitaires russes ont néanmoins placé sous surveillance les personnes ayant été en contact avec la victime et pris des mesures de précaution dans l’établissement hospitalier où elle est décédée. L’incident d’Irkoutsk reste donc à ce stade un cas suspect et non une épidémie de peste.
Mais la Russie n’est pas connue pour sa transparence sur les catastrophes
Mais l’absence d’explications précises sur la mort de la laborantine continuent d’entretenir les interrogations, d’autant que le Kremlin est passé maître dans l’art de dissimuler des catastrophes. On se rappelle encore du silence et des mensonges qui ont entouré l’accident survenu dans la centrale nucléaire de Tchernobyl en avril 1986. Dès lors, la version de Moscou sur cette affaire ne saurait suffire à rassurer les autorités et organisations sanitaires internationales. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) demande ainsi à la Russie de préciser la cause exacte de la pneumonie et de donner les informations concernant un éventuel deuxième malade.
UE et États-Unis réclament aussi des informations supplémentaires à la Russie
De son côté l’Union européenne, par l’intermédiaire de son Comité de sécurité sanitaire et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), réclame des données épidémiologiques et microbiologiques fiables. Elle note toutefois qu’aucun cas secondaire ni aucune transmission interhumaine soutenue n’ont été signalés. Pour leur part, les États-Unis ont également demandé des informations supplémentaires au gouvernement russe et réclamé de la transparence suite à la mort suspecte de la laborantine en Sibérie.
L’OMS recense entre 1 000 et 3 000 cas de peste par an dans le monde
Si des rumeurs propagées sur les réseaux sociaux sèment la panique, l’OMS affirme que le niveau de risque demeure pour l’instant limité sur la base des informations divulguées par les autorités russes. Elle évalue ce risque de modéré à faible dans la région d’Irkoutsk, faible pour la Russie et très faible pour l’Europe.
Pour rappel, la peste est une maladie provoquée par la bactérie Yersinia pestis. Elle circule naturellement chez certains petits mammifères -comme les rats) et leurs puces. Sa forme pulmonaire peut se transmettre par des particules respiratoires. Si la peste (noire) a fait des ravages par le passé en Europe, elle peut être efficacement traitée aujourd’hui par des antibiotiques lorsqu’elle est diagnostiquée rapidement. Chaque année, l’OMS recense entre 1 000 et 3 000 cas dans le monde. Donc pas de risque d’un nouveau « Covid » ?
