Nvidia entre au capital de Doctolib pour accélérer le développement de l’IA en santé

Le géant américain des puces électroniques Nvidia a annoncé, le mardi 13 octobre, une prise de participation minoritaire dans Doctolib, sans plus de précision. Cette opération devrait permettre à la plateforme française de santé d’accélérer le développement de ses propres modèles d’intelligence artificielle (IA) et de déployer de nouveaux services destinés aux patients et aux soignants.

Présent à Paris le mardi 13 octobre pour annoncer des investissements en France, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a annoncé que le géant américain des puces entre au capital de Doctolib, une plateforme de santé française. Il n’a pas communiqué le montant de cette opération, ni la part du capital que son groupe allait détenir dans l’entreprise tricolore, ni même la valorisation retenue pour cette prise de participation. On sait, en revanche, que Nvidia ne disposera pas d’un siège au conseil d’administration de Doctolib.

Nvidia a aussi investi dans Genesis IA et Pigment

Jensen Huang a présenté cette entrée au capital de Doctolibe comme une contribution à la « révolution de l’intelligence artificielle en Europe ». Il a également révélé avoir investi dans les entreprises d’IA françaises Genesis IA et Pigment. La prise de participation de Nvidia dans Doctolib intervient quelques mois après une recomposition de l’actionnariat de la plateforme. En avril 2026, près de 300 millions d’euros d’actions avaient changé de mains sur la base d’une valorisation de 3,6 milliards d’euros, contre 5,8 milliards lors de la levée de fonds de 2022, soit une baisse d’environ 38 %.

Une opération aussi technique que financière

Malgré ce recul à la bourse, Doctolib affirme avoir atteint la rentabilité. Elle a déclaré 422 millions d’euros de revenus annuels récurrents pour 2025, en hausse de plus de 30 % sur un an. La société reste toutefois sous la surveillance des autorités. En novembre 2025, l’Autorité de la concurrence lui a infligé une amende de 4,6 millions d’euros pour abus de position dominante, une décision dont elle a annoncé faire appel. La prise de participation du leader américain des puces la remet donc à flot.

Mais cette opération n’est pas que financière. Elle est aussi technique. Nvidia, première entreprise mondiale par la capitalisation boursière, est un acteur incontournable de l’IA grâce à ses semi-conducteurs, ses infrastructures de calcul et ses logiciels. Fort de son expertise, le groupe doit notamment aider Doctolib à entraîner ses propres modèles d’IA en Europe.

Doctolib et Nvidia collaborent déjà sur des outils destinés aux professionnels de santé

Pour la plateforme française, l’objectif est d’accélérer les recrutements de chercheurs, d’ingénieurs et d’autres spécialistes de l’IA afin de développer des modèles propriétaires et devenir moins dépendante des solutions conçues par les grands acteurs mondiaux. Doctolib utilise déjà les technologies de Nvidia depuis un an pour concevoir ses outils destinés aux professionnels de santé.

L’entreprise souhaite également généraliser son assistant personnel de santé, capable de répondre aux questions des patients et de les accompagner dans leur parcours de soins. Déjà testé par 400 000 Français, cet outil doit être accessible à l’ensemble des utilisateurs en 2027. Doctolib entend par ailleurs renforcer ses assistants destinés aux soignants, notamment pour les tâches administratives et cliniques.

Doctolib rassure sur la protection des données de santé de ses utilisateurs

L’arrivée de Nvidia au capital de Doctolib relance toutefois les interrogations sur la souveraineté numérique et la protection des données de santé. Le lancement par la plateforme, à l’été 2026, d’un programme de recherche en IA utilisant les données personnelles des utilisateurs, avec possibilité de s’y opposer, avait déjà suscité des critiques.

Doctolib assure vouloir développer ses propres modèles et investir davantage dans les infrastructures européennes. La société affirme également que les données de santé qu’elle traite seront toujours hébergées dans l’Union européenne et au Royaume-Uni. Reste à savoir si ces garanties suffiront à rassurer les utilisateurs, alors que les partenariats avec les géants américains de l’IA soulèvent des questions persistantes sur le contrôle des données médicales et leur utilisation.