La Ligue contre le cancer a lancé dimanche une campagne choc, « Va chier », pour inciter au dépistage du cancer colorectal. Cette maladie provoque chaque année près de 17 000 décès en France. Mais un dépistage permet de guérir dans 9 cas sur 10. D’où l’importance de réaliser son test tous les deux ans.
« Mars bleu », le mois consacré à la mobilisation et à la sensibilisation au dépistage du cancer colorectal, a débuté dimanche dernier. Ce même jour, la Ligue contre le cancer a lancé, pour la deuxième année consécutive, une campagne choc, « Va chier », pour inciter au dépistage de cette maladie. Peu pudique, mais drôle et percutant, le slogan vise à briser le tabou du cancer du côlon et à encourager à se faire dépister.
Huit personnalités associent leur image à la campagne de prévention
Cette année, 8 personnalités associent leur image à la campagne de prévention. Il s’agit des comédiens Franck Dubosc et Kyan Khojandi, du champion olympique Enzo Lefort, de la chroniqueuse Mademoiselle Agnès, de l’humouriste Marine Leonardi, de la chanteuse Suzane, de l’influenceuse Paola Locatelli et de l’architecte Anthony Authié. Passés sous l’objectif de Charlotte Abramow, tous s’affichent aux toilettes pour rendre le slogan plus humain et viral. Ces ambassadeurs encouragent chacun de nous à se faire dépister du cancer du côlon.
Le cancer colorectal touche principalement les personnes âgées de plus de 70 ans
Chaque année en France, 47 000 nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués et 17 000 personnes en meurent. Il s’agit du deuxième cancer le plus mortel après celui du poumon. Cette maladie touche 4 hommes sur 100 et 2 femmes sur 100, principalement après 70 ans. Elle se développe à partir de tumeur bénigne, caractérisée par l’apparition de polypes adénomateux. La détection précoce et l’ablation de ces excroissances permet de réduire le risque de cancer, voire de le supprimer. S’il est détecté tôt, un cancer du côlon se guérit dans 9 cas sur 10. D’où l’importance de faire son test tous les deux ans.
30 % des Français cibles participent au test du cancer colorectal
En 2025, plus de 2 500 000 Français ont effectué le test de dépistage, en prélevant un échantillon de selles à retourner par la poste. On estime aujourd’hui qu’il y a 30 % de participation au test du cancer colorectal, mais l’objectif serait d’atteindre 65 %. Ce qui permettrait d’éviter jusqu’à 4 000 décès annuels.
Pour réaliser ce test, il faut d’abord se procurer le kit de dépistage. C’est l’Assurance Maladie qui envoie une invitation tous les deux ans aux personnes dites « à risque moyen ». Une fois le courrier d’invitation reçu, le patient peut obtenir gratuitement son kit auprès de son médecin, le retirer en pharmacie ou le commander en ligne sur monkit.depistage-colorectal.fr.
Une coloscopie proposée en cas de résultat positif
Par la suite, le patient envoie gratuitement le prélèvement de selles en laboratoire, qui l’analyse sous 3 à 15 jours. Il peut consulter les résultats en ligne ou les recevoir par courrier. En cas de résultat positif, c’est-à-dire si du sang est retrouvé dans les selles (pas forcément le signe d’un cancer), une coloscopie est proposée.
Si le test est négatif (90 % des cas), le dépistage est terminé. Il faudra simplement le renouveler dans deux ans. Le programme national de dépistage s’adresse aux personnes entre 50 et 74 ans, qui ne présentent aucun symptôme (douleurs, sang visible) et qui n’ont pas d’antécédents personnels ou familiaux de polypes ou de cancer du côlon.
