Après une crise cardiaque, le cœur récupère difficilement et se fatigue avec le temps. Une injection intramusculaire révolutionnaire pourrait favoriser une guérison rapide. Développé par une équipe de cardiologues et pharmacologues de l’Université Texas A&M, ce traitement stimule la production d’une hormone naturelle protectrice du cœur. Des résultats prometteurs ont été obtenus auprès de modèles murins.
Après une crise cardiaque, chaque minute est comptée pour sauver la vie du patient. À l’hôpital, la prise en charge médicale rapide permet de rétablir le flux sanguin, avant de démarrer une période de rétablissement. Ce flux sanguin est rétabli grâce à un traitement cardioprotecteur injecté directement dans le cœur après un infarctus. Quant à la période de récupération, elle repose sur la production d’une hormone par le cœur appelée « facteur atrial natriurétique » (ANP). Cette hormone a la capacité d’agir sur le tissu cicatriciel qui se forme sur l’organe. Malheureusement, elle est produite en petite quantité et ne permet pas de faire une grande différence dans le processus de rétablissement.
Une injection intramusculaire pour aider à reprendre d’une crise cardiaque
Une équipe de cardiologues et de pharmacologues de l’Université Texas A&M promet d’améliorer ce processus naturel et de favoriser la guérison rapide du cœur. Elle a conçu une nouvelle approche basée sur une injection intramusculaire qui stimule la production de l’hormone ANP protectrice durant plusieurs semaines.
Le traitement utilise de l’ARN auto-amplifié (sa-RNA) encapsulé dans des nanoparticules lipidiques. Contrairement à l’ARNm classique, la technique rendue célèbre par les vaccins contre le Covid, l’ARN auto-amplificateur peut se répliquer brièvement à l’intérieur des cellules, prolongeant ainsi la durée de production de la protéine cible.
L’injection ne contient pas l’ANP, mais elle aide les cellules musculaires à en produire
Selon le Dr Ke Huang, professeur assistant à l’Université du Texas et co-auteur de l’étude, cette méthode « équivaut à booster les systèmes de défense du cœur » et non à les répliquer. Le chercheur rappelle que « le corps utilise déjà les facteurs atriaux natriurétiques comme un outil protecteur », mais que son équipe n’a fait que l’aider « à en produire assez pendant la période critique de récupération. ».
Ainsi, l’injection en elle-même ne contient pas l’hormone protectrice. C’est une fois administrée par un muscle, comme un vaccin classique, que la molécule génétique sa-RNA envoie des instructions génétiques aux cellules musculaires pour produire l’ANP. Par la suite, l’hormone est libérée dans le sang avant d’agir sur le cœur durant plusieurs semaines, en activant le récepteur NPR1, qui déclenche les voies biologiques impliquées dans la réparation du cœur.
Il faudra encore attendre pour mieux réparer un cœur après une crise cardiaque
Les chercheurs ont testé leur thérapie sur des modèles de souris et chez le cochon via une injection intramusculaire et non intraveineuse. Au 28e jour du traitement, les cœurs traités présentaient des performances nettement meilleures que ceux des témoins. Ils avaient des parois ventriculaires plus épaisses, une dilatation des cavités moins importante, des infarctus plus petits et une fibrose réduite.
Ces améliorations ont été observées chez les mâles comme chez les femelles. Si les résultats sont prometteurs, il ne s’agit pas encore d’un traitement prêt à l’emploi. Il faudra mener des essais cliniques sur l’homme pour autoriser des injections à l’hôpital. En cas de nouveaux succès et de validation par les autorités réglementaires, cette méthode révolutionnerait la thérapie cardiaque régénérative.
