Obésité : la France dévoile sa feuille de route à 2030

Pour lutter contre l’obésité, forme grave de surpoids qui touche près de 20 % des adultes en France, le gouvernement dévoile une feuille de route 2026-2030. Composé de huit mesures clés, ce plan doit renforcer le repérage dès la petite enfance, améliorer l’organisation des soins et approfondir la formation des soignants. Il s’articulera avec le Programme national nutrition santé (PNNS) 2025-2030.

Le gouvernement a annoncé, le mardi 13 janvier, sa feuille de route 2026-2030 contre l’obésité, un problème de santé publique majeure avec l’évolution des modes de consommation. Selon le ministère de la Santé, ce plan quinquennal doit « infléchir la progression de l’obésité, améliorer la santé des personnes concernées », tout en veillant à « consolider ce qui fonctionne, corriger ce qui fragilise et accélérer là où l’attente est la plus forte ».

L’obésité progresse rapidement chez les jeunes

Forme la plus grave du surpoids, l’obésité (IMC ≥ 30 kg/m²) est une maladie chronique métabolique caractérisée par une accumulation excessive de graisse. Elle résulte d’un déséquilibre énergétique (alimentation), renforcé parfois par la sédentarité et le cadre de vie. En France, l’obésité touchait près de 20 % des adultes (environ 10 millions de personnes) en 2024, tandis que près de 50 % de la population était en surpoids

On note une progression alarmante chez les jeunes (une hausse multipliée par plus de 4 chez les 18-24 ans depuis 1997). L’obésité touche davantage certaines catégories socio-économiques que d’autres, ainsi et que certains territoires que d’autres. Les ouvriers et les populations précaires sont la population la plus touchée et les DROM-COM le territoire le plus impacté, tandis que l’Île-de-France et l’Occitanie ont les taux les plus bas.

Améliorer le repérage précoce et l’accès aux soins spécialisés

En France, la prise en charge de l’obésité a coûté 12,7 milliards d’euros en 2024. Par le passé, elle avait déjà été renforcée par plusieurs mesures, dont la création de centres spécialisés et l’intégration d’une approche pluridisciplinaire. Mais ces efforts n’ont pas permis d’endiguer la progression de cette affection dans la population, ni de résoudre les difficultés de prise en charge et d’accès aux soins pour cette pathologie. C’est pourquoi, le gouvernement a lancé une feuille de route 2026-2030. L’objectif est améliorer le repérage précoce, l’accès aux soins (diététiciens, psychologues, activité physique) et la prise en charge, incluant le remboursement de consultations spécialisées.

Vers un renforcement des filières de soins obésité à l’échelle territoriale

Aussi, le gouvernement prévoit de mettre en place un parcours coordonné renforcé de soins et d’éducation thérapeutique pour certains adultes en situation d’obésité complexe ou associée à certaines complications. Jusqu’ici, il expérimentait un type d’accompagnement incluant une prise en charge médicale, un suivi diététique, psychologique et de l’activité physique adaptée. D’autres parcours seront dédiés aux enfants. En outre, l’exécutif envisage de renforcer les filières de soins obésité à l’échelle territoriale. La France compte actuellement 42 centres spécialisés, Outre-mer compris, dont cinq nouveaux depuis 2025.