Nations Unies : du besoin impérieux de se réinventer face à Donald Trump

Entre le retrait des États-Unis de ses entités, le retour de l’impérialisme américain et la création du Conseil de paix, les Nations Unies débutent l’année 2026 sous de mauvais auspices. Dans ce contexte de tensions exacerbées et de contestation de son rôle, l’organisation doit se réinventer pour continuer exister. Et ses responsables en sont conscients, à commencer par son secrétaire général Antonio Guterres.

Si les Nations Unies sont contestées depuis des décennies, notamment par la France du Général De Gaulle qui l’appelait « machin », elles se trouvent dans une situation plus critique depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Après sa prise de fonction, le président américain a envoyé des signaux inquiétants. Il a d’abord gelé les subventions aux organisations internationales opérant dans l’humanitaire et le médical, puis a sapé les programmes de l’ONU et de ses agences. Il juge ces programmes « hostiles » envers les États-Unis.

Donald Trump veut remplacer les Nations Unies par son Conseil de la paix

Donald Trump va ensuite retirer son pays de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l’UNESCO. Fin décembre 2025, poussant le bouchon toujours plus loin, il a annoncé le départ des États-Unis d’une trentaine d’entités onusiennes. Et ce n’est pas tout. Comme si ces décisions catastrophiques ne suffisaient pas, le chef de la Maison Blanche vient de créer son « Conseil de la paix (« Board of Peace »). Cet organe piloté par lui-même est censé promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance fiable et légitime, et garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits.

Le président américain menace la paix et la stabilité mondiale

Le Conseil de paix se pose clairement en concurrent de l’ONU, qui serait inutile selon Donald Trump. Le président américain assure qu’il sera plus efficace. Mais à quel prix, quand on connaît les méthodes brutales du dirigeant républicain ? Il a récemment fait kidnapper le président vénézuélien Nicolas Maduro, menacé de frapper Cuba et d’envahir le Groenland. Il a également déployé une armada près des côtes de l’Iran, pour punir le régime des mollahs si celui-ci ne cesse pas de réprimer dans le sang les manifestations contre la vie chère. Cette attitude belliqueuse, hors de tout cadre légal, pourrait précipiter des régions du monde dans le chaos, avec le risque d’augmenter les besoins humanitaires au moment où l’ONU subit une suppression méthodique de ses financements.

Les Nations Unies préférables au Politburo mondial de Donald Trump

Comme si elles faisaient leur mea culpa, les Nations Unies ont reconnu que leur système n’est pas exempt de problèmes, mais qu’il demeure préférable à une espèce de Politburo mondial (le Conseil de paix mis en place par Donald Trump). L’organisation appelle les gouvernements à renforcer son pouvoir et ses capacités à défendre les droits humains, au lieu de la vilipender car elle demeure la seule instance capable de maintenir ce monde dans une certaine stabilité. Dans elle, la planète serait une véritable jungle où la loi du plus fort sera l’unique règle en vigueur. On le constate déjà en Ukraine, à Gaza et au Venezuela notamment.

António Guterres appelle au multilatéralisme

Lors d’une récente réunion protocolaire à New York, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a déclaré que face à « des conflits déchaînés, des inégalités croissantes, des dettes écrasantes et une érosion de la confiance », le multilatéralisme restait plus que jamais « indispensable ».

Ce mode de coopération internationale permet d’instaurer des règles communes, de gérer ensemble des enjeux mondiaux (climat, sécurité, commerce) et de privilégier le dialogue. Il s’oppose à l’unilatéralisme. António Guterres estime également que son organisation a besoin d’opérer dans un monde reposant sur un système financier qui reflète les nouvelles réalités. Le dirigeant portugais a appelé à transformer en profondeur l’architecture de la dette, des financements et des institutions multilatérales.

L’initiative ONU80 pour réformer les Nations Unies

Pour sa part, Annalena Baerbock pense que les Nations Unies doivent revoir leur manière de fonctionner. Elle juge notamment nécessaire de dépasser le consensus à 193 États pour prendre des décisions à une majorité claire et éviter des paralysies à des moments critiques pour l’humanité. Plus encore, la présidente de l’Assemblée générale préconise un changement de paradigme, une transformation structurelle profonde de l’organisation.

Pour se faire, la diplomate allemande mise sur l’initiative ONU80, destinée à moderniser l’institution après 80 années d’existence. Lancé en mars 2025, ce vaste programme de réforme cherche à rationaliser les opérations, réduire la bureaucratie, et renforcer l’impact sur le terrain face aux défis actuels, dont les conflits armés, la crise climatique et les pandémies ou épidémies.