Depuis samedi, le Proche et Moyen Orient fait face aux attaques américano-israéliennes contre l’Iran, et à la riposte de celui-ci. Cette escalade a des répercussions sur les pays de la région et au-delà. Elle menace notamment le commerce international, le transport de marchandises et les importations alimentaires. Les Nations Unies craignent une nouvelle crise humanitaire.
Les Etats-Unis et Israël ont lancé, le samedi 28 février, une nouvelle opération contre l’Iran pour de multiples raisons qu’on a encore du mal à démêler. A cé jour, les alliés ont effectué plus de 2000 frappes sur Téhéran et d’autres villes iraniennes, faisant un millier de morts. Parmi les victimes figurent de hauts dirigeants comme l’Ayatollah Ali Khamenei. En riposte, l’Iran vise Israël et des pays de la région abritant des bases militaires américaines.
L’Iran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz
En une semaine, cette escalade a déjà entraîné de fortes perturbations. Dans le secteur aérien, les compagnies ont annulé ou reporté de nombreux vols. Dans le domaine de l’énergie, les raffineries ferment ou réduisent leurs activités, tandis que les pétroliers sont bloqués dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a annoncé la fermeture de ce passage maritime clé, par lequel passe au moins 20% du pétrole mondial. Les Gardiens de la révolution ont juré de « brûler » tout navire qui tenterait de traverser ce canal et promis qu’ils ne permettraient pas qu’« une seule goutte de pétrole quitte la région ». Une stratégie pour créer une crise énergétique mondiale et pousser les Etats-Unis à stopper leur agression.
Menace sur l’approvisionnement de la région en céréales
Le blocage du détroit d’Ormuz fait également peser un risque majeur de famine sur les 150 millions d’habitants du Moyen et Proche Orient. En effet, ce goulot d’étranglement est crucial pour l’approvisionnement de la région en céréales. L’Iran n’est pas épargné pour autant car près de la moitié des quantités importées (14 millions de tonnes sur 30 millions en 2025) sont acheminées vers son territoire pour nourrir ses 90 millions d’habitants. Le pays se tire ainsi une balle dans le pied. Mais il préfère s’amputer si ça peut être douloureux pour tout le monde. Pour limiter les dégâts, la République islamique a interdit mardi toutes les exportations de produits alimentaires et agricoles.
Les Nations Unies redoutent une crise humanitaire à Gaza et au Liban
La guerre en Iran pourrait surtout avoir des conséquences désastreuses à Gaza et au Liban. Depuis New York, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, se dit « particulièrement préoccupé par la multiplication de nouveaux fronts », alors que les Houthis du Yémen, alliés de l’Iran, menacent aussi de bloquer la Mer rouge, route commerciale menant au canal de Suez. Le diplomate portugais constate que les fermetures d’espaces aériens perturbent déjà les rotations des équipes d’urgence et que les restrictions d’accès ont freiné l’entrée de fournitures vitales. Il craint une crise humanitaire si le conflit se prolonge.
La guerre en Iran aura des répercussions en Afrique
Les Nations Unies avertissent également que toute perturbation prolongée des routes maritimes ou énergétiques dans le détroit d’Ormuz et en Mer rouge ferait grimper les prix alimentaires, fragiliserait les systèmes de santé et resserrerait l’accès aux biens essentiels dans les pays dépendants des importations. Notamment les Etats africains, dont certains lancent déjà des appels à l’aide. La hausse des coûts du fret maritime et l’augmentation des prix de l’énergie pourraient alimenter une inflation importée sur les carburants, les produits alimentaires et les biens de consommation. Ces pays africains dépendent fortement des importations de céréales et d’intrants agricoles depuis le détroit d’Ormuz.
