Immunothérapie allergénique : Stallergenes Greer investit 125 millions d’euros pour doubler ses capacités de production en France

Le laboratoire suisse Stallergènes Greer, spécialiste des immunothérapies allergéniques a annoncé lundi, dans le cadre du sommet « Choose France », un investissement de 125 millions d’euros en France. Il souhaite doubler les capacités de production de son complexe principal d’Antony (Hauts-de-Seine). En parallèle, le groupe va accroître de 12% cette année ses effectifs, d’aujourd’hui 600 salariés en Hexagone.

A l’occasion de la 9e édition du sommet « Choose France », rendez-vous économique annuel majeur dédié à l’attractivité de l’Hexagone qui s’est tenu au Château de Versailles, Stallergenes Greer, un acteur majeur dans le traitement des allergies (aux acariens, aux graminées et aux poils de chat), a annoncé un investissement stratégique en France de plus de 125 millions d’euros d’ici 2030. Cet investissement doit permettre de doubler les capacités de production de son complexe principal d’Antony (Hauts-de-Seine), en étendant et modernisant le site.

Stallergenes Greer a déjà fait des investissements sur le site ces deux dernières années

L’usine francilienne de Stallergenes Greer bénéficie déjà d’une première tranche de 17 millions d’euros depuis 2025 et d’une deuxième de 35 millions cette année. Implantée à Antony depuis 1962, elle est en charge de l’extraction des molécules allergènes d’intérêt, de la production des principes actifs, ainsi que de la formulation et du conditionnement des produits finis. Le complexe prépare et distribue aussi en France des dosages personnalisés, aussi appelés « allergènes préparés spécialement pour un individu » (APSI). Ces médicaments sont livrés directement aux patients sur ordonnance.

Une question de souveraineté sanitaire

Selon le PDG de Stallergenes Greer, Andreas Amrein, « cet investissement marque une étape importante dans le renforcement durable de l’empreinte stratégique du groupe en France ». Le dirigeant affirme également que ce financement reflète la « confiance dans l’excellence scientifique et industrielle française », ainsi que la volonté du groupe « de contribuer à la souveraineté sanitaire et à l’attractivité du territoire dans les domaines des biotechnologies et de l’industrie pharmaceutique ». Il ajoute que Stallergenes Greer se donne « les moyens d’accompagner la croissance mondiale des allergies et de poursuivre [sa] mission au service des patients et des professionnels de santé à travers le monde ».

Stallergènes Greer va s’attaquer au marché chinois depuis la France

Dominique Pezziardi, président de Stallergenes Greer, indique pour sa part que « cet investissement va permettre au laboratoire de s’attaquer, depuis la France, au marché chinois des allergies respiratoires, mais aussi « de renforcer [sa] résilience industrielle et de soutenir étroitement [ses] activités de recherche et développement ». En matière de recherche, il cite notamment l’ITA, un traitement qui peut prévenir l’apparition de maladies chroniques, dont l’asthme.

Une extension de 3000 m2

Le programme d’investissement de Stallergenes Greer comprend le déploiement de nouvelles technologies industrielles, la modernisation des lignes de production, l’amélioration de la performance énergétique du site et le développement de compétences industrielles de haute spécialisation. Julien Storaï, directeur des opérations pharmaceutiques du laboratoire, précise qu’il y aura des extensions d’un total de 3000 m2, sur un site occupant déjà 15000 m2. Cette extension consistera à ajouter des équipements plus modernes et de nouveaux procédés pour améliorer les rendements et les techniques de filtration et de séparation, et pour consommer moins d’énergie.

Stallergenes Greer compte 600 employés en France

Si Stallergenes Greer souhaite s’attaquer au marché chinois, 60% des volumes d’immunothérapie allergénique de son usine à Antony partent à l’export, commercialisés dans 46 pays. À fin 2025, le laboratoire suisse employait 610 collaborateurs dans l’Hexagone, dont près de 400 dédiés aux activités industrielles. Grâce au plan d’investissement, il compte augmenter ses effectifs de 12% dès cette année. En 2024, le numéro 2 mondial de l’immunothérapie allergénique (derrière le danois ALK) a généré un chiffre d’affaires de 230 millions d’euros, sur un marché mondial évalué à 1,5 milliard d’euros.