Si près de 30 millions d’analyses sont effectuées chaque année en France sur l’eau de robinet, celui-ci peut quand même contenir de nombreuses substances néfastes pour notre santé. Pour permettre aux consommateurs d’y voir plus clair, une nouvelle appli sera prochainement disponible. Baptisée « EauChezMoi », elle permettra de vérifier la qualité de l’eau dans sa commune.
En France, l’eau de robinet est le produit alimentaire le plus consommé, avec en moyenne entre 145 et 150 litres d’eau de robinet utilisé par jour par un habitant pour ses besoins domestiques (hygiène, ménage, cuisine). Pourtant, on ne connaît pas toujours sa composition exacte. Or cette information existe. En effet, l’eau du robinet est le produit alimentaire le plus contrôlé, avec 28 millions d’analyses effectuées chaque année par les autorités sanitaires publiques (les Agences régionales de Santé ou ARS) et les opérateurs de services d’eau. Malheureusement, ces données ne sont pas communiquées directement aux consommateurs.
Il peut y avoir des contaminants comme les « polluants éternels » dans l’eau de robinet
Certains n’ont partiellement accès à la composition de l’eau que grâce à quelques publications scientifiques. Ainsi, apprennent-ils que l’eau de robinet, qui est produite à partir des ressources en eau (nappes souterraines ou eaux superficielles comme les lacs, rivières…), contient des minéraux et des oligo-éléments dont elle se charge tout au long de son parcours dans la nature.
Mais cette eau peut aussi cacher des contaminants comme les « polluants éternels » ou PFAS, les résidus de pesticides et de médicaments, les microplastiques et les métaux lourds, néfastes à la santé humaine. Une information qui pousse beaucoup de Français à se tourner vers des eaux minérales en bouteilles, jugées plus saine. Néanmoins, plus des deux tiers des Français (67%) boivent tous les jours, ou presque, l’eau de leur robinet.
EauChezMoi doit « renforcer la confiance » des consommateurs dans l’eau de robinet
Pour aider ces derniers à y voir un peu plus clair, le centre d’information sur l’eau (CIEau), créé en 1995 par les professionnels en charge de la gestion des services publics d’eau et d’assainissement en France, a annoncé le lancement très prochain d’une application mobile. Baptisée « EauChezMoi », cette appli doit faciliter l’accès des consommateurs, de plus en plus demandeurs, aux données de qualité de l’eau potable de leur commune.
La plateforme a également pour mission de « renforcer la confiance » des consommateurs, selon le CIEau. Cette confiance s’est érodée en 2025 avec 78% des Français qui boivent l’eau de robinet les yeux fermés, un chiffre en baisse de 7 points depuis 2023, d’après un baromètre réalisé par Kantar pour le CIEau.
EauChezMoi facilitera l’accès aux résultats des contrôles sanitaires réalisés par les agences régionales de santé (ARS)
A télécharger gratuitement sur les téléphones, EauChezMoi facilitera l’accès aux résultats des contrôles sanitaires réalisés par les agences régionales de santé (ARS) et compilés à partir des données ouvertes de la Direction générale de la santé (DGS).
Il suffira, pour chacun, de rentrer le nom de sa commune ou son code postal sur l’application pour pouvoir consulter plusieurs résultats. Notamment le contrôle microbiologique, la « dureté » de l’eau (sa teneur en calcaire), sa teneur en chlore, en fluor, en pesticides, en PFAS, nitrates. Le consommateur pourra ensuite comparer ces données avec les seuils réglementaires.
« Dans Mon Eau », un autre outil déjà disponible
Le CIEau précise que les informations, disponibles en open data, sont mises à jour chaque semaine en fonction de leur évolution, commune par commune. Ce service serait proposé sans collecter les données de ses utilisateurs et en toute transparence.
Notons que EauChezMoi n’est pas le premier outil de ce genre en France. En octobre 2025, les ONG Générations Futures et Data For Good avaient mis en ligne un site proposant une carte interactive des principaux polluants chimiques présents dans l’eau du robinet. Appelé « Dans Mon Eau », la plateforme est également basée sur les données publiques disponibles.
