Depuis le lundi 2 novembre 2026, environ 3 000 docteurs juniors ont été déployés dans plusieurs structures médicales en France pour y effectuer leur dernière année de formation. Affectés pour la plupart dans des territoires confrontés à un manque important de praticiens, ces jeunes médecins doivent contribuer à réduire les délais d’attente et à améliorer l’accès aux soins.
Depuis le lundi 2 novembre 2026, environ 3 000 jeunes médecins sont déployés dans des cabinets, des maisons et des centres de santé en France pour y effectuer leur dernière année de formation. Ils sont affectés pour la plupart dans des territoires confrontés à un manque important de praticiens, afin de contribuer à réduire les délais d’attente et améliorer l’accès aux soins. Cette première promotion de docteurs juniors exercera pendant un an en autonomie supervisée, sous la responsabilité d’un médecin expérimenté.
Les docteurs juniors facturent au même tarif que les médecins diplômés
Ces 3 000 jeunes praticiens ont déjà soutenu leur thèse, mais doivent désormais faire une quatrième année d’internat en médecine générale. Leur situation dérive d’une réforme de 2022, qui a porté la durée totale de leurs études de neuf à dix ans, l’alignant sur celle des médecins spécialistes. Durant leur stage, ils assurent les consultations, les soins et le suivi des maladies chroniques, comme les médecins inscrits à l’Ordre. Leur maître de stage n’est cependant pas nécessairement présent dans le cabinet, mais reste joignable en cas de difficulté. Les consultations sont facturées au même tarif que celles d’un médecin diplômé, même si ces docteurs juniors ne peuvent pas être déclarés médecins traitants.
Une répartition selon les besoins locaux
Environ 80 % de ces jeunes praticiens ont été affectés dans les zones d’intervention prioritaire, les zones d’action complémentaire et les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Leur répartition dépend des besoins locaux et du nombre de maîtres de stage disponibles. L’Île-de-France accueille ainsi 400 docteurs juniors, dont 74 en Seine-Saint-Denis et 64 dans l’Essonne, tandis que le Centre-Val de Loire en compte 102 et l’Occitanie 241.
La majorité travaille quatre jours par semaine en cabinet ou en maison de santé. Leur rémunération dépasse légèrement 2 700 euros par mois, auxquels s’ajoutent une prime de 400 euros pour l’autonomie supervisée, une prime territoriale pouvant atteindre 1 000 euros selon l’éloignement de la zone, ainsi que des indemnités de garde.
Les syndicats de médecins généralistes et d’étudiants pas pleinement satisfaits
Bien que ces renforts soient attendus, la réforme ne fait pas l’unanimité. Les syndicats de médecins généralistes et d’étudiants dénoncent une année supplémentaire durant laquelle les jeunes praticiens accompliraient le travail de médecins expérimentés sans bénéficier de leur rémunération. Certains estiment également avoir déjà acquis une autonomie suffisante grâce aux remplacements qu’ils effectuent. Ils reconnaissent néanmoins l’intérêt de pouvoir solliciter un maître de stage en cas de difficulté. Dans certains départements, ils redoutent toutefois que leurs encadrants ne disposent pas d’assez de temps pour les accompagner.
Les collectivités territoriales investissent également dans l’installation des docteurs juniors
Conscients que ces docteurs juniors pourront contribuer à résoudre les déserts médicaux, les collectivités territoriales multiplient de leurs côtés les initiatives pour favoriser leur installation durable. Le département de l’Eure, par exemple, propose une aide de 400 euros par mois, tandis que l’agglomération de l’Étampois Sud Essonne associe une bourse d’hébergement de 250 euros à une prime de mobilité de 150 euros. En Essonne, des logements municipaux gratuits ou à loyer modéré sont également proposés.
500 docteurs juniors supplémentaires attendus en mai 2027
D’autres collectivités investissent dans les infrastructures. C’est le cas de la commune du Fenouiller, qui envisage jusqu’à 80 000 euros de travaux pour loger un jeune médecin, tandis que la Charente-Maritime accorde des subventions pouvant atteindre 25 000 euros pour aménager des espaces de consultation. En Bourgogne-Franche-Comté, une enveloppe de deux millions d’euros doit contribuer à moderniser les cabinets. En s’appuyant sur ces efforts locaux, le gouvernement veut apporter, grâce à cette première promotion, une réponse immédiate au manque de médecins dans les territoires les plus fragiles. Une deuxième vague de 500 docteurs juniors est annoncée pour mai 2027.
