Canicule et pollution à l’ozone : les AASQA font des recommandations

La canicule précoce qui touche la France depuis quelques jours provoque une pollution à l’ozone dans les zones industrielles et à fort trafic routier. Ce polluant dit « secondaire » aggrave les risques respiratoires et cardiovasculaires. Pour se protéger, les AASQA appellent à suivre les prévisions et à limiter les activités polluantes et physiques en extérieur.

Depuis mardi, plusieurs départements de France sont placés en vigilance rouge ou orange à cause de la canicule qui frappe le pays. Dans certaines zones, la température monte jusqu’à 35°C voire 38°C, bien au-delà des normes en Hexagone. Cette forte chaleur, combinée à un intense trafic routier notamment, provoque par endroits une pollution de l’air, en particulier une pollution à l’ozone.

Une réaction chimique entre différents polluants « précurseurs »

Présent à haute altitude, dans la stratosphère, l’ozone est un gaz qui nous protège des rayons ultraviolets (d’où la fameuse couche d’ozone). La pollution à l’ozone se produit lorsqu’il y a une forte concentration de ce gaz dans l’air à basse altitude (entre 0 et 10 kilomètres). Cette situation dérive d’une réaction chimique entre différents polluants « précurseurs », dont les émissions de véhicules, de certaines industries, de l’activité agricole, du chauffage ou encore des solvants utilisés dans la peinture (les COV).

Changement climatique et vagues de chaleur favorisent les épisodes de pollution à l’ozone

Le changement climatique et la multiplication des vagues de chaleur créent des conditions favorables aux épisodes de pollution à l’ozone. Et nous sommes actuellement dans ce scénario. Si le seuil d’ozone dans l’air ne doit pas dépasser les 100 microgrammes (µg)/m3 en moyenne sur une durée de 8 heures, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le seuil actuel pourrait atteindre les 180 µg/m3. C’est un risque pour la santé humaine.

La pollution à l’ozone peut aggraver les troubles cardiovasculaires

En effet, la pollution de l’air à l’ozone peut provoquer une inflammation des bronches, une irritation du nez et de la gorge, une gêne respiratoire, une irritation oculaire et même une aggravation des troubles cardiovasculaires. Selon l’agence européenne de l’environnement, la pollution atmosphérique liée à l’ozone a causé au moins 70 000 décès en 2022. Outre la santé humaine, elle affecte également les végétaux. En perturbant la photosynthèse, l’ozone peut fragiliser les cultures et entraîner des pertes de rendement de 3 à 20 % selon les productions agricoles.

Les AASQA font des recommandations contre la pollution à l’ozone

Dans ce contexte, les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) font plusieurs recommandations pour éviter le pire. Elles conseillent de limiter les activités physiques intenses en extérieur ; de privilégier les déplacements les moins émetteurs ; de proscrire l’usage de solvants ou de produits fortement émetteurs ; et de suivre les recommandations sanitaires diffusées localement. Constituées dans les années 70, les AASQA sont présentes dans chaque région administrative en métropole et en outre-mer. Elles assurent une surveillance continue de la qualité de l’air et publient quotidiennement leurs prévisions et recommandations.

La circulation différenciée mise en place dans certaines zones

Les autorités sanitaires locales préconisent pour leur part d’éviter de sortir durant les pics de chaleur et de s’aventurer à proximité d’axes de circulation. Les municipalités, elles, mettent en place diverses mesures d’atténuation de la pollution atmosphérique. À Marseille et à Paris, notamment, la mairie impose la circulation différenciée pendant les épisodes de canicule. Seuls les crit’air 1 et 2, les véhicules électriques et hydrogènes peuvent circuler dans les zones à faibles émissions (ZFE). D’autres villes interdisent de brûler des déchets verts et d’utiliser du bois de chauffage.