« AI Brain Fry », c’est le nouveau mal qui guette de nombreux professionnels, jonglant au quotidien entre plusieurs outils d’intelligence artificielle. D’après le cabinet Boston Consulting Group (BCG), ce phénomène lié à l’usage intensif de l’IA se caractérise par une sensation de « surchauffe cérébrale » et de brouillard mental. Les individus touchés auraient beaucoup de mal à se concentrer et à prendre les donnes décisions au travail.
Depuis le lancement de ChatGPT en 2022, le monde ne jure que par l’intelligence artificielle. L’IA s’impose désormais partout, notamment en entreprise, où on vante ses gains de productivité. Mais cette technologie n’a pas que des aspects positifs. Dans le monde professionnel, elle peut engendrer un mal pernicieux nommé « AI Brain Fry » ou « surchauffe cérébrale liée à l’IA ». C’est une sorte d’épuisement cognitif dû à une supervision intensive des agents numériques.
Une utilisation intensive de l’IA peut griller le cerveau
Des chercheurs du Boston Consulting Group (BCG) ont récemment mené une étude auprès de 1500 professionnels américains sur leur utilisation de l’intelligence artificielle. Leurs conclusions, publiées en mars dans Harvard Business Review, suggèrent que les salariés qui jonglent entre plusieurs outils d’IA au quotidien sont plus susceptibles de souffrir de fatigue mentale. Cette sensation du cerveau cuit est plus accrue après certaines taches spécifiques, comme l’analyse de plusieurs lignes de code, la supervision d’armées de chatbots ou encore la rédaction de longs prompts que l’intelligence artificielle interprète souvent mal.
L’AI Brain Fry se manifeste surtout chez les développeurs informatiques
BCG note que l’AI Brain Fry se manifeste surtout chez les développeurs informatiques, la programmation étant l’application la plus évidente pour l’IA et ses agents. Ces professionnels du code font de plus en plus recours aux assistants intelligents pour se décharger de nombreuses taches et gagner du temps. Sauf que le code généré par IA nécessite généralement un examen plus précautionneux que celui écrit par des humains. Il en résulte qu’ils font un double travail pour éviter les erreurs grossières et préjudiciables des chatbots. Selon l’étude, les salariés victimes de « Brain Fry » font d’ailleurs 39% d’erreurs majeures supplémentaires.
A force d’aller toujours plus loin dans le travail, on perd la notion du temps
Les professionnels interrogés par BCG font également part d’une tentation grandissante d’aller toujours plus loin dans le travail, à en perdre la notion du temps. Beaucoup d’entre eux travailleraient tard le soir, jusqu’à 2 ou 3 heures du matin pour rentabiliser sur la productivité offerte par l’IA. En somme, ils ont du mal à décrocher, à se déconnecter. Ce qui provoque d’importantes surcharges cognitives. Cet épuisement émotionnel peut avoir de lourdes conséquences. Comme une augmentation des erreurs des employés, une fatigue décisionnelle accrue et une intention de démissionner ou d’abandonner un projet, dans le cas d’un entrepreneur.
Imposer des limites claires à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour éviter l’AI Brain Fry
Il faut toutefois noter que toutes les personnes interrogées voient dans l’apport de l’IA un solde nettement positif. Par ailleurs, elles attribuent les mauvais points aux humains et non à la technologie elle-même. Pour gommer ces aspects négatifs, le Boston Consulting Group recommande à la direction des entreprises de fixer des limites claires à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Faute de quoi, la productivité recherchée finira en catastrophe irréparable. Certains experts estiment toutefois que ce phénomène du cerveau grillé est temporaire, que les employés finiront par s’adapter, et que tout ira pour le meilleur des mondes…
