Généraliste et hockeyeuse, Sophie Leclerc a participé aux JO de Milan-Cortina

L’équipe de France de hockey vient de disputer ses premiers JO d’hiver à Milan-Cortina. Parmi les joueuses alignées figurait Sophie Leclerc, défenseure internationale, mais aussi médecin généraliste en exercice. Depuis plusieurs années, elle jongle entre sa passion pour le sport et son métier, non sans difficultés. Mais représenter son pays parmi des dizaines de nations reste une grande fierté.

L’équipe de France de hockey a été battue, le lundi 9 février, par l’Allemagne (2-1 a.p.) pour son dernier match de poules dans le tournoi olympique de Milan-Cortina. C’était sa quatrième défaite en autant de rencontres disputées, après avoir perdu contre l’Italie 1 – 4 (5 février), le Japon 2 – 3 (6 février) et la Suède 0 – 4 (8 février). Les Bleues ont fini à la dernière place de leur groupe.

Sophie Leclerc, généraliste et défenseure de l’équipe de France de hockey

Cette élimination précoce ne constitue pas une humiliation car la France a affronté les meilleures nations du hockey et ne participait qu’à ses premiers JO. Historique, la qualification pour ces Jeux représentait déjà une grande victoire pour le hockey féminin français. L’apprentissage se poursuit donc, avec cette équipe jeune et composée d’amateures et de semi-professionnelles. Sur les 23 joueuses engagées, trois seulement sont professionnelles. Les autres partagent leur temps entre sport et études ou travail.

Parmi celles-ci figure Sophie Leclerc, défenseure de l’équipe de France olympique et médecin généraliste. Au début de la compétition, elle nourrissait beaucoup d’espoir. « On n’y va pas pour faire de la figuration. On veut chercher des victoires », a-t-elle déclaré quelques jours avant Milan-Cortina. Malheureusement, le niveau était trop élevé. Mais il n’y a pas à rougir. Ses coéquipiers et elle ont forcé l’admiration pour une première participation.

« J’ai commencé le hockey à 4 ans »

Sophie Leclerc est médecin généraliste et remplaçante en libéral dans la région lyonnaise. Depuis de nombreuses années, elle mène de front des études brillantes et une carrière de hockeyeuse de haut niveau avec plus de 122 capes. La native de Besançon a débuté cette pratique très tôt, avant d’intégrer le sport-études dijonnais dès la sixième.

« J’ai commencé le hockey à 4 ans, puis je suis arrivée à Dijon en sport études en 6e et j’y suis restée jusqu’à la fin de ma 6e année de médecine en 2021 », raconte-t-elle dans Le Bien public. Sur la glace de la patinoire Trimolet, à Dijon, elle a appris à composer avec les exigences du haut niveau pour côtoyer les meilleurs dans sa discipline.

Attirée par la médecine générale pour le rapport social avec les patients

Sa carrière pro démarre en mars 2013, avec un titre de championne de France U18 élite avec l’équipe masculine de Dijon (seule fille sur la glace). Ce fut une saison fondatrice : « pour ma première année en senior, championne de France en féminines, et gagner ce titre avec les garçons, ça reste marquant », confie la hockeyeuse.

Alors que tout le monde la voyait continuer sur ce chemin, Sophie Leclerc fait le choix rare de se consacrer pleinement à ses études de médecine. Elle a expliqué avoir été attirée par la médecine générale notamment pour le rapport social avec les patients. « Avec le projet de continuer le sport, ce choix s’est révélé plus adapté à mon rythme de vie », précise-t-elle.

Sophie Leclerc ne vit pas de son sport

Pendant six ans, Sophie Leclerc a mis l’équipe de France de côté, mais continuait à pratiquer le hockey en loisir. Installée ensuite à Lyon pour son internat, elle va finalement rechausser les patins après deux ans de pause, tout en cumulant stages hospitaliers, gardes et entraînements intensifs. En novembre 2022, son entraîneur la recontacte pour revenir en équipe de France pendant sa deuxième année d’internat.

Depuis, Sophie Leclerc jongle parfaitement sport et métier. Mais, comme la majorité des Bleues du hockey, elle ne vit pas de son sport, qui lui fait perdre de l’argent en plus. La médecin généraliste révèle néanmoins qu’elle bénéficie depuis peu d’un soutien de l’Agence nationale du sport (ANS). Elle reçoit une partie de son manque à gagner quand elle s’engage avec l’équipe de France.