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Institut Pasteur : enquête judiciaire pour transport illégal de virus

Rédigé par La Rédaction | Le 10 mars 2017 à 20:00
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L’Institut Pasteur est au cœur de la tourmente. En effet, une enquête judiciaire a été ouverte afin de vérifier les faits concernant un transport illégal de virus. Le point sur la question…

Transport illégal de virus par l’Institut Pasteur : rappel des faits…

Depuis la mi-décembre, une enquête judiciaire est ouverte à l’encontre de l’Institut Pasteur. La direction même de l’établissement est mise en cause suite au transport illégal d’échantillons du virus Mers Coronavirus depuis la Corée du Sud.

Une chercheuse, travaillant pour l’Institut Pasteur de Corée du Sud, a pris l’avion avec trois échantillons de ce virus rangés dans une boîte de cosmétique. Une fois arrivés en France, les échantillons ont été placés, pendant plusieurs jours, dans un bureau au lieu d’être enfermés dans un laboratoire sous protection. Prévenu de ce transport illégal, la direction de l’Institut Pasteur a alors demandé la destruction des échantillons.

Durant tout ce temps, aucune demande n’a été faite auprès de l’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) ni pour le transport, ni pour la conservation ou la destruction des échantillons.

L’Institut Pasteur se défend !

Si l’Institut Pasteur se trouve être dans l’illégalité dans cette affaire, qu’en est-il de leur justification ? Le directeur, Christian Bréchot, s’explique dans une interview en indiquant : « Il n’y a eu aucune menace sanitaire ni manipulation de la part de l’Institut ».

Pour lui, il est important de prendre en compte deux éléments pour la défense de l’Institut Pasteur. Tout d’abord, les échantillons du virus Mers Coronavirus étaient inactivés et donc totalement inopérants et non dangereux. Ensuite, la chercheuse qui aurait dû prévenir l’Institut Pasteur France ne l’a pas fait, car en Corée du Sud la loi ne demande pas d’autorisation particulière concernant le transport d’échantillons inactivés.

Christian Bréchot souligne également que la déclaration auprès de l’ANSM aurait dû être faite par la chercheuse. Si cela n’a pas été le cas, c’est dû à une erreur et non pas à une volonté de cacher la vérité. Il fait, tout de même, son mea culpa en indiquant : « Mais nous aurions dû vérifier et il y a eu, c’est vrai, un problème de communication ».

Si les déclarations de Christian Bréchot sont confirmées par l’enquête judiciaire, alors une simple erreur de connaissance des procédures françaises risque de coûter cher à l’Institut Pasteur aussi bien en matière de réputation qu’au niveau légal.

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